Pierre Fortin: La complainte du prisonnier. Pierre Fortin: The Prisoner’s Lament.

 

08 - Dining Hall Cdn Ill News 1875

The Canadian Illustrated News de 1875: les prisonniers dans la salle à manger du pénitencier de Kingston.

 

The English version follows the French one.

Un petit mot pour vous REMERCIER de lire mes textes! Pour ceux et celles qui m’encouragent, je vous remercie du plus profond du coeur! Je ne suis ni écrivain, ni historien! Je raconte des histoires! Je tente de les rendre aussi justes que possible par mes recherches. Cependant, il peut y avoir des erreurs. Certaines personnes m’ont fait remarquer diverses coquilles en privé et même publiquement et j’ai eu la chance de corriger les histoires pour les rendre plus congruentes. Je suis reconnaissant envers ces gens. Je remercie aussi les individus qui me demandent la permission avant de partager, copier, et répéter mes textes.

Pour les intéressées et intéressés, je vous encourage à vous inscrire à mon site Facebook! https://www.facebook.com/groups/394084010943300/

Pierre Fortin (1837-1863): La complainte du prisonnier

par Robert Bérubé

1971 : J’ai 16 ans et je commence à m’intéresser à la généalogie. Je connais le nom des mes arrière-grand-parents et dans certains cas, je connais leurs parents et leurs grands-parents. Cependant, je ne connais pas les noms des parents de mon arrière-grand-père maternel Fortin. Je questionne ma mère à ce sujet et elle me dit, que lui aussi avait été baptisé Pierre comme son fils. Elle me réfère à ma grand-mère Maria Fortin. Rapidement, je constate un malaise lorsque je lui parle de ses ancêtres. Elle confirme que son grand-père s’appelait Pierre mais elle a oublié le nom de sa grand-mère. Elle communique avec une cousine qui lui révèle que la grand-mère se nommait Lydia Brien. Ma grand-mère partage le fait qu’il y a un scandale dans cette famille et que le grand-père avait écrit une complainte à cet égard. Elle n’a pas une copie de cet écrit mais elle soupçonne que sa sœur Dorina en a une. Le lendemain, je visite grand-tante Dorina et elle me partage la complainte écrite sur un vieux papier jauni. Elle tente même de la chanter mais après quelques notes et quelques paroles, elle dit qu’elle est trop vieille pour chanter. Elle ajoute que ça fait de nombreuses années que quelqu’un a parlé de cette triste histoire. Elle ne connaît ni les dates de naissance, de mariage ou de décès de ses grands-parents Fortin, ni les noms de leurs parents. Elle consent à me prêter la complainte pour quelques jours afin, que je puisse dactylographier le texte, au grand dam de sa fille Cécile, qui trouve que je suis trop jeune et pas assez responsable, pour prendre bien soin de ce document d’archives familiales! C’est ce que Cécile m’a raconté plus de 30 ans plus tard!

Ce document fut le début d’une enquête qui a duré au-dessus de 45 ans et je n’ai pas encore trouvé tous les documents qui touchent plusieurs aspects de la vie de ce Pierre Fortin, père et de son épouse. Ce qui rendait la recherche difficile était que Lydia Brien n’était pas le nom documenté lors de sa naissance. Lorsque, j’ai découvert son nom, une série de portes se sont ouvertes et j’ai été capable de retracer la vie de Pierre Fortin, père et bien entendu de Lydia.

Les épisodes difficiles de la vie de Pierre et de Lydia se sont révélés de façon assez complète, il y a seulement trois ans.

Le certificat de naissance de Pierre Fortin précise qu’il est né le 29 juin 1837, à Saint-Pascal. Il a été baptisé le même jour en toute probabilité à Saint-Pascal mais le certificat est enregistré à la paroisse Saint-Louis de Kamouraska. Ses parents sont Étienne Fortin, cultivateur et Louise Mignier-Lagacé. Le parrain est Pierre Mignier-Lagacé et la marraine est Léocadie Fortin et ils ont déclaré ne savoir signer.

Le recensement de 1852, (Canada Est-Ouest) nous indique qu’Étienne Fortin cultivateur (45 ans) et Marie Louise Mignier-Lagacé (44 ans) vivent à Sainte-Flavie avec les enfants suivants: Cléophas (19), Clarice (17), Pierre (14), Hermine (12), François (5) et Philomène (5). Il est indiqué que Cléophas et Pierre sont des journaliers. Tous les enfants sont nés à Saint-Pascal sauf Philomène, qui est née à Saint-Simon. La maison est une habitation d’un étage construite en bois. Il y a deux familles qui y vivent, la deuxième étant celle de leur fils aîné Étienne (25), aussi un journalier et son épouse Olive Dubé (21), née à Trois-Pistoles. Ils ont deux filles Louise (2) née à Saint-Simon et Philomène (1) née à Sainte-Flavie, l’année du recensement.

Le même recensement de 1852, (Canada Est-Ouest) nous indique que Xavier Brilliant (51 ans) cultivateur et Ozide Charette (43 ans) sont nés à Kamouraska. Ils sont parents des enfants suivants : Arthémise, née à Kamouraska, Xavier fils (16) journalier et Joseph (11) nés à Saint-André, Édiase (10), Sifrois (8), Méthodi (6) Josephine (4) et Caroline (1). Les cinq derniers enfants nés à Sainte Flavie. Caroline est née l’année du recensement et leur maison est d’un étage et elle est construite en bois.

Le certificat de naissance de Lydia Briand, la nomme Marie Diase Brillant. Elle est née le 3 avril 1841, à Sainte-Flavie et elle a été baptisé le 21 avril 1841, à la cathédrale de Saint-Germain à Rimouski. Elle est la fille de François Xavier Brillant et d’Ositte Chaurette.

Le certificat de mariage en date du 18 mai 1859, à Saint-Octave de Métis révèle que les parents de Pierre Fortin, sont Étienne Fortin, cultivateur et Marie Louise Lagacé. Ils vivent à Saint-Jérôme de Matane tandis que Pierre vit à Saint-Octave de Métis. Pierre est majeur tandis que Marie Lydias (Hydrias) Boisbriand est mineure. François Xavier Boisbriand, cultivateur et Osithe Chaurette vivent à Saint Octave. Le père de la mariée a donné son consentement au mariage de l’épouse mineure. Étienne Fortin, le frère, Thomas Noble, un ami et François Xavier sont présents au mariage mais ils n’ont pas signé. Il semblerait que les parents de Pierre n’étaient pas présents.

C’est ici que nous constatons les changements de nom de Lydia Brien. À la naissance, elle s’appellait Marie Diase (Hydrias) Brillant, au recensement Édiase Brillant et à son mariage Marie Lydias Boisbriand. À différents temps de sa vie, elle s’est aussi fait appellé Lydia Briand, Marie Briand et Lydia Brien. On remarque aussi que sa mère, Osithe Charette à un certain degré, subit elle aussi des transformations de noms. Je vais utiliser le nom Lydia Briand lorsque je parlerai d’elle. Le nom de Boisbriand est parfois Boisbriand de la Durantaye ou Boisbriand-Morel. Certains documents la nomment Hydrias!

Pierre et Lydia sont parents de trois enfants :

Le 10 juin 1860 est née et baptisée une fille Marie Malvina, fille de Pierre Fortin, journalier et de Marie Lydias Boisbriand de la Durantaye à Saint-Octave de Métis. Le parrain est François Xavier Boisbriand et la marraine Claire Tremblay. Il est noté que le père est absent.

Le 28 avril 1861 Pierre Fortin est né et il est baptisé le 29 avril, à la paroisse de Saint-Octave de Métis. Le parrain est Sifroy Boisbriand et la marraine Arthémise Boisbriand. Il est noté que le père est absent.

Le bébé Pierre Fortin est décédé le 6 mai 1861, et l’inhumation a eu lieu le 8 mai 1861. dans le cimetière de Saint-Octave de Métis. Il était âgé de neuf jours. Les parents ne sont pas présents comme témoins.

Le 3 avril 1862 est né à Matane, Pierre Fortin, fils de Pierre Fortin, journalier et de Diase Brillant. Il a été baptisé le 6 avril 1862, à la paroisse Saint-Jérome de Matane. Le baptême était sous condition ce qui veut probablement dire que le bébé avait été ondoyé avant le baptême. Le parrain est Joseph Blanchard et la marraine Séraphine Tardif.

Le recensement de 1861, nous révèle que la famille Fortin est déménagée de Saint-Octave de Métis à Saint-Jérôme de Matane donc, après le décès du bébé, le 8 mai 1861 et la date du recensement. Pierre Fortin est maintenant un cultivateur âgé de 23 ans et son épouse Marie Briand (Lydia Briand) est âgée de 19 ans. Leur fille Délima (Malvina) a un an. Nous apprenons qu’ils vivent avec la mère de Pierre, Marie Louise Lagacé (50) et ses enfants Firmin (Hermine) (21), Philomène (18) François (17). Ceci veut dire que le père de Pierre Fortin, Étienne Fortin est décédé.

Leur maison d’un étage est construite en planches. Donc, nous concluons que Pierre et sa petite famille sont venus vivre avec sa mère et ses frères et sœurs plus jeunes. Leur voisin est son frère Cléophas Fortin, cultivateur (26 ans) qui a épousé Séraphine Tardif (23 ans). Ils sont parents de Marie (5) Élisabeth (4) et Georgina (2). Leur maison d’un étage est aussi construite en planches. Nous apprenons aussi que Marie Briand (Lydia Briand) et Séraphine Tardif sont les deux seules personnes âgées de plus de 20 ans, capable de lire et d’écrire.

Le 7 juin, 1863 :

Un orage se dresse au-dessus de Matane. Le “brig” « la Sultana » est naufragée sur la plage de la rivière Matane.

Le mardi 23 juin, 1863

Le « Québec Daily News » rapporte que le vaisseau la Sultana «is reported ashore at or near Matane». (est signalé naufragé sur terre), à ou près de Matane. Les journaux francophones sont plus rares, même au Québec et de ceux qui existaient à ce temps aucun, parle du naufrage.

Le mercredi, 1er juillet 1863, le « Québec Morning Chronicle » rapporte que le vendredi 3 juillet, le bateau (brig) la Sultana sera vendue aux enchères du bureau d’échange du Québec.

Québec Morning Chronicle (voir traduction)
The hull of the brig Sultana, 300 tons register, A. Johnston, Master, as she now lies or did lie wrecked at the east side of River Matane, copper fastened and copper nails in deck, with masts, spars, patent windlass on board, anchor, and about 40 fathoms chain attached, and 2 anchors and about 140 feet chain lying in the River.

Sold for account of whom it may concern, by order of the Master.

Sale at eleven o’clock, A.M.

A. J. Maxham & Co.,

Auctioneers & Brokers.

Québec Morning Chronicle : Traduction (la traduction est pauvre, je ne suis pas connaissant des termes maritimes ni en français, ni en anglais!)

La coque du brig, Sultana, 300 tonnes à l’enregistrement, A. Johnston, Maître, “alors qu’elle se trouve ou se trouvait naufragée et brisée, du côté est, de la rivière Matane, (il y a) du cuivre verrouillé et des clous de cuivre sur le pont, avec des mâts, des longerons, un guindeau de brevet sur le brig, l’ancre et environ 40 lieues de chaînes attachées, et 2 ancrages et une chaîne d’environ 140 pieds couchés dans la rivière.

Vendu pour le compte “d’à qui de droit” par ordre du Maître.

Vente à onze heures du matin

A. J. Maxham & Co.,

Commissaires-priseurs et courtiers.

Le samedi 4 juillet 1863, Le « Québec Morning Chronicle » rapporte :

Québec Morning Chronicle
The hull of the brig Sultana was sold by auction yesterday, for account of underwriters, as she now lies wrecked on the east side of River Matane, together with patent windlass, 3 anchors and about 63 fathoms of chain and was adjudged to Mr. Henry Dinning for the sum of two hundred dollars.

Québec Morning Chronicle : Traduction : (la traduction est pauvre car je ne suis pas connaissant des termes maritimes ni en français, ni en anglais!)

La coque du brig la Sultana a été vendue aux enchères hier, pour le compte des commerçants, alors qu’elle repose sur le côté est, de la rivière Matane, avec le guindeau de brevet, 3 ancres et environ 63 brasses de chaîne et a été jugé à M. Henry Dinning pour la somme de deux cents dollars.

Le 15 juillet 1863 : Il semblerait qu’un groupe d’hommes ont volé un lot de cuivre jaune et rouge du brig Sultana comme le témoigneront les documents de la cour plus tard.

Entre le 15 juillet et le 1er octobre 1863, trois des frères Fortin sont accussés de vol. Je ne sais pas quand ils ont été arrêtés ou placés à la prison de Rimouski, en attendant le procès. Les trois frères sont Cléophas Fortin, Pierre Fortin et François Fortin.

1a. Trois - accusation 1

Version agrandie:

1a. Trois - accusation 1b

Les accusations contre les trois frères Fortin.

Le 1 octobre : une lettre de M. Bérubé, Député greffier de la Couronne, Province du Canada, District de Rimouski qui demande aux témoins de comparaître à la cour de Saint-Germain de Rimouski. Cléophas Fortin a aussi reçu une lettre.

7b. Verre (r) Summons 2.png

le 13 octobre : 10 heures du matin. Les témoins doivent comparaitre à Saint-Germain de Rimouski.

le 14 octobre 1863 : Les trois Fortin se déclarent non coupables, de l’accusation de larcin.

 1b. Cléophas Accusation 2  1d. Pierre Accusation 2  1e. François Accusation 1b

Notez la liste de témoins.

le 15 octobre 1863 : Des instructions sont données et le verdict contre chacun des accusés est qu’ils sont déclarés: “Coupables” du crime.

 5b. Trois- indictment 2  5c. Trois- indictment 3

Encore une fois, notez les noms des témoins.

Ce document d’accusation est en anglais.

 

Le 16 octobre 1863 : Ceci avait été envoyé aux trois accusés et en anglais et a été répété en cour: ”Indictment for stealing from a ship cast on shore. To wit : … and with force and arms steal on door brass lock, of the value of five shillings, two copper sheets and five copper bolts (red) and six brass bolts (yellow) of the value of five shillings of the goods and merchandise…belonging to the said ship so then and there wrecked and cast on shore as aforesaid there and then feloniously did plunder, steal, take and carry away….against the peace and dignity of the crown. (Queen Victoria)”
Traduction: le 16 octobre 1863 : «Acte d’accusation pour vol d’un navire naufragé. À savoir: … et avec force et des armes ont volé une serrure de porte en laiton, d’une valeur de cinq shillings, deux lots de cuivre et cinq boulons en cuivre (rouge) et six boulons en laiton (jaune) des marchandises d’une valeur de cinq shillings… appartenant au dit navire, naufragé et abandonné sur le rivage tel qu’il a été mentionné, puis de façon méchante ils ont volé, emporter et porter des objets … contre la paix et la dignité de la couronne (reine Victoria)

Le 16 octobre 1863 : une sentence contre Cléophas, Pierre et François: deux ans pour larcin. Ce qui est remarquable c’est que de la liste de nombreux objets mentionnés dans l’accusation, ils sont condamnés d’avoir volé seulement  “un lot de cuivre jaune et rouge”. Leur peine doit être purgée au pénitencier “provincial” de Kingston en Ontario, qui est devenu par après, un pénitencier fédéral. Les prisons à cette époque au Québec étaient utilisées uniquement pour l’emprisonnement de courte durée. En 1863, il n’y a pas encore de prison provinciale au Québec qui s’appelait à ce temps Canada-Est. Kingston était dans le Canada-Ouest. Étant donné que la sentence était de deux ans et plus, ils devaient aller à Kingston en Ontario.

3c. Pierre 2222 condamnation 1.png

Sentence des jurés. Celles de Cléophas et François sont presque identiques.

Le 16 octobre 1863 : Dans la Cour du Banc de la Reine (Victoria)- Domina Regina contre Pierre Fortin- Accusation de larcin. « Les témoins sont identifiés: P. Venne(r) Ed. Venne(r), Jean Lacombe, Jos. Bougie, Jos. Mercier, Ed. Lacroix, D.F. De F Aubin? –Couillard (Foreman) »

« Les jurés de notre souveraine la Reine, sous leur serment déclarent que Pierre Fortin, … le quinzième jour de juillet 1863, a avec force et armes…a félonieusemnt (sic) volé un lot de cuivre jaune et rouge du Brick (brig) Sultana naufragée à Matane appartenant à Pierre Venne marchand contre la paix de Notre Souveraine Dame de la Reine, sa Couronne et sa dignité.»

Les documents juridiques sont presque identiques pour Cléophas et pour François.

Entre le 16 octobre et le 26 octobre 1863, les trois frères ont été transportés de Rimouski, à Kingston. Soit qu’ils ont été transportés en train, mais je ne suis pas certain, s’il y avait une ligne ferroviaire entre Kingston et Rimouski à ce temps. Si oui, elle était assez nouvelle. L’autre possibilité est le transport en bateau de Rimouski à Kingston.

Et maintenant voici la complainte de Pierre et de Cléophas Fortin :

Complainte d’un prisonnier

1

Parents s’il vous plaît entendre

Ce que je vais vous chanter

Une complainte d’exemple

Aux deux pauvres prisonniers.

À la grande cour criminelle

Leurs discours furent prononcés

Pour de simples bagatelles

Accusés d’avoir volé.

2

Ordonnant leurs pénitences

Pas moins que deux exilés

Pitre et Cléophas perdent l’espérance:

“Nous voilà donc condamné

Plus tard, Dieu sera mon juge,

Il connaîtra la vérité

Il punira ceux qui m’accuse

Pour pas dire la vérité”

3

Nous préparons pour partir,

A fallu faire nos adieux

Leurs femmes en furent averties

De se trouver sur les lieux

Quelle nouvelle aussi terrible

pour leurs femmes tendres et sincères

De voir partir leurs maris

Pour deux ans sans les revoir

4

En exil à Kingston

On a été les mener

Point de pitié pour leurs femmes,

Des enfants abandonnés.

M. Taschereau, le grand juge

Compris avec les jurés

Ont plongé deux créatures

Dans la peine et l’embarras

5

Rendu au pénitencier

A fallu prendre un métier

Courage se disaient les frères

Dieu en a plus enduré

Mais jamais nous verrons nos femmes,

Et nos chers petits enfants

On sent que nos coeurs s’affaiblissent

Pour mourir en peu de temps

6

Quelque mois passent de même

Dans la peine et dans l’ennui

En devenant la figure blâme

Et de la peine à marcher

Nous préparons pour mourir

Nos familles faut oublier

Pour avoir la récompense

Du faux jugement prononcé

7

Dans la paroisse de Matane

Venneur, les a engagés

En leur disant que le cuivre

À lui seul appartenait

Il a prévenu les choses

Croyait en être accusé

Il a prévenu la faute

Sur ses hommes engagés

8

Cela vous fera rappeler

Les choses du temps passé

Plusieurs fois dans le monde

La même chose est arrivée

Ah! Venneur, le grand voleur

Dans l’écriture mentionnée

Pour se couvrir de son crime

Accusa ses associés

9

Pauvre gens, voila un exemple

C’est à propos d’en parler

L’argent rachète le riche

Le pauvre est abandonné

Jugement rendu par les hommes

Rendu que pour deux années

Dieu ce n’est pas la moindre chose

C’est pour toute l’éternité

La complainte parle seulement de deux prisonniers et ne nomme pas François. Donc, pendant plusieurs années les membres de la famille et moi-même nous pensions que seulement deux des frères y étaient. Lorsque tante Dorina m’a donné la complainte, elle m’avait dit que la complainte avait été sorti de la prison comme contrebande. Maintenant, je pense que la complainte a été écrite par François ou un membre de sa famille. La raison, pour laquelle il n’est pas mentionné, est peut-être à cause des accusations qu’il porte contre certaines personnes. Nous étions sous l’impression à ce temps que seul Pierre était décédé.

Dans le septième paragraphe, il est écrit:“Venneur, les a engagés en leur disant que le cuivre…” Tante Dorina pensait que mot était peut-être “cuir” car le mot n’était pas écrit clairement. Ceci est peut-être à cause de la façon qu’ils prononçaient le mot cuivre. Nous savons maintenant que c’était bel et bien du cuivre. Aussi, tante Dorine avait assuré que le nom du vrai coupable Venneur avait été modifié légèrement mais que la lettre “V” était importante. Donc, j’avais transcrit le nom Vaneur mais ils avaient bel et bien écrit Venneur qui est très près du nom de famille de deux des témoins: Venner.

L’écrivain de cette chanson espère que Dieu punira ceux qui ont menti et il dit: “Dans la paroisse de Matane, Venneur, les a engagés, En leur disant que le cuivre A lui seul appartenait…Ah! Venneur, le grand voleur, Dans l’écriture mentionnée, pour se couvrir de son crime, accusa ses associés”. Il y a des gens qui disent que tous les prisonniers se disent innocents. Au début, je me disais, les trois frères sont coupables cependant, en trouvant de plus en plus de faits, je commence à me poser des questions sérieuses. François admet sa culpabilité en tant que participant.

Les documents juridiques disent que Pierre Venne (r) est le propriétaire mais le “Québec Morning Chronicle” dit que le propriétaire était un Monsieur Henry Dinning, donc Pierre Venne(r) n’est pas le propriétaire donc, la complainte dit vrai. Une partie des procès et peut-être tout le procès était en anglais. Je ne suis pas convaincu que les trois frères Fortin parlaient anglais. J’avance ceci car lors de son entrevue de sortie les réponses données par François avaient été traduites par le curé du pénitencier, en anglais.

Les témoins identifiés au proçès sont : “P. Venne(r) Ed. Venne(r), Jean Lacombe, Jos. Bougie, Jos Mercier, Ed. Lacroix, D.F. De F Aubin? –Couillard (Foreman)” . Deux des témoins sont Pierre Venne(r) et Édouard Venne(r). Si on ose croire ce que l’accusation préconise: les Venne(r) ont bien caché leur jeu. Malheureusement, je n’ai pas encore trouvé tous les documents juridiques y compris les commentaires des témoins. Ils n’existent peut-être pas.

Les frères Fortins dans presque tous les documents et recensements depuis des années s’identifient comme étant des “journaliers”, des travailleurs manuels ou des cultivateurs ce qui veut dire qu’ils étaient embauchés pour du travail journalier. Donc, ils étaient peut-être les employés de Pierre Venner!

1862-1865 : Guerre Civile Américaine

Fin de l’année 1862 : États-Unis : Selon les documents d’archives de la prison, un déserteur Américain de l’armée de l’union, de la guerre civile américaine a quitté les États-Unis et il a été emprisonné au pénitencier de Kingston. Nous ne connaissons pas le nom du soldat mais vous comprendrez l’importance de cette mention un peu plus tard dans le texte.

Nous savons que Pierre, Cléophas et François Fortin sont arrivés au pénitencier de Kingston le 27 octobre 1863, comme indiqué dans les dossiers des trois prisonniers. Ci-dessous voici une traduction, y compris leur numéro de prisonnier.

Pierre Fortin Cléophas Fortin François Fortin
5937 numéros de prisonnier 5936 numéros de prisonnier 5938 numéros de prisonnier
le 27 octobre 1863 Arrivée à Kingston (ou 26) le 27 octobre 1863 Arrivée à Kingston (ou 26) le 27 octobre 1863 Arrivée à Kingston (ou 26)
Pierre a 24 ou 21 ans. En réalité il a 26 ans. 33 ans 18 ans
Il mesure 5’9 et un quart de pouces 5’5 et 11-20 pouces 5’10 ¼ pouces
Complexion : peau jaunâtre, yeux gris et cheveux bruns. Complexion : peau jaunâtre, yeux gris et cheveux bruns. peau jaunâtre, yeux gris et cheveux bruns.
Son métier: travailleur sur les bateaux Travailleur manuel Travailleur manuel
La sentence est le 12 octobre (contradiction) 16 octobre. Le juge est J.A. Taschereau. La sentence est le 12 octobre (contradiction) 16 octobre. Le juge est J.A. Taschereau. La sentence est le 12 octobre (contradiction) 16 octobre. Le juge est J.A. Taschereau.
Sais lire et écrire un peu. Sais lire et écrire Ne sais ni lire, ni écrire
Mort Mort Libéré: le 1 octobre. Fin de la sentence

 

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Croquis du pénitencier de Kingston circa 1870-1875

 

Selon un historien du musée du pénitencier : “Ils auraient effectivement été obligés d’apprendre un métier, bien que dans la pratique, cela signifiait qu’ils travaillaient là où les autorités pénitentiaires en avaient besoin, même si cela impliquait de briser des pierres.” Briser des pierres était de rigueur au pénitencier de Kingston. De plus, le personnel de la prison était majoritairement anglophone et protestant.

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 Porte de la cellule  Cellule  Châtiments

Revenons à notre prisonnier Américain. Selon l’historien : “À l’époque, il y avait une grave épidémie de fièvre typhoïde dans la prison, introduite à la fin de 1862, par un déserteur américain de l’armée de l’Union, dans la guerre civile américaine. Vingt prisonniers sont morts en 1863, à cause de la typhoïde et plus de 200 étaient malades en raison de cela et 21 sont morts en 1864! Le gardien de cuisine-intendant (responsable de la cuisine) a été «libéré du service» pour sa mauvaise préparation de nourriture; Le gardien-directeur l’a accusé en partie pour les décès.”

Le 25 novembre 1863 : Pierre Fortin est admis à l’hôpital du pénitencier “souffrant des fièvres typhoïdes”.

Le 28 novembre 1863 : Cléophas Fortin est admis à l’hôpital du pénitencier “souffrant des fièvres typhoïdes”.

Le 5 décembre 1863 : Pierre Fortin meurt à 12:20 du matin. Il est âgé de 26 ans!

Le 5 décembre 1863 : Deux lettres du Gardien-Directeur, monsieur D. AE. MacDonnell trouvées dans le « Warden’s Letter Books – 1850-1865” (Régistre des lettres du Gardien-Directeur) sont envoyées, une adressée au greffier de la paix et une autre au shérif de Rimouski.

Sir (To the Sheriff District of Rimouski, C. E.)

I regret to acquaint you that ‘Pierre Fortin’ died in the Hospital of this Institution today, who’s sudden + unexpected death you will please communicate to his friends; he was but a short time ill by only from the 25th Nov. up to this day. You will also let his friends know that he received the best of Medical treatment + that he had every attention from the Roman Catholic Chaplain + received all the rights of his Church. Amen, Sir. Your obedt Serv. D. AE. MacDonnell Warden, P. P.

Traduction:

Monsieur (Au district du shérif de Rimouski, C. E.)

Je regrette de vous faire savoir que «Pierre Fortin» est mort à l’hôpital de cette institution aujourd’hui, soudainement + une mort inattendue que vous voudrez communiquer à ses amis; Il n’était que peu de temps malade du 25 novembre jusqu’à ce jour. Vous permettrez également à ses amis de savoir qu’il a reçu le meilleur traitement médical + qu’il a eu toute l’attention du pasteur catholique romain + a reçu tous les droits de son église. Amen, monsieur. D. AE. MacDonnell Warden, P. P.

La lettre destinée au greffier de la paix est similaire.

Le 6 décembre 1863 : Cléophas Fortin meurt à 6:30 du matin. Il est âgé de 34 ans!

Le 9 décembre 1863 : Deux lettres du Gardien-Directeur trouvées dans le « Warden’s Letter Books – 1850-1865” (Registre des lettres du Gardien-Directeur) sont envoyées, une adressée au greffier de la paix et une autre au shérif de Rimouski. Le directeur attend presque quatre jours avant d’envoyer cette correspondance. Les deux lettres sont similaires à celles envoyées au sujet de Pierre sauf, qu’il précise que le dernier des Fortins est encore en bonne santé.

En feuilletant le journal des patients de l’hôpital du pénitencier nous découvrons que les deux frères sont décédés des suites de fièvres typhoïdes. Pierre et Cléophas étaient parmi les 20 hommes décédés de cette maladie en 1863.

L’autopsie de Pierre Fortin

Autopsy: Pierre Fortin

This Convict was very stout and muscular. The viscera in both thorax and abdomen were apparently in a healthy condition – The membranes of the Brain were very much inflamed. The Brain itself was highly inflamed and there was a good deal of serum [effased?] beneath the membrane and into the ventricle.

Autopsie: Pierre Fortin: Traduction en français.

Ce condamné était très solide et musclé. Les viscères du thorax et de l’abdomen étaient apparemment en bonne santé – Les membranes du cerveau étaient très enflammées. Le cerveau lui-même était fortement enflammé et il y avait une bonne quantité de sérum [effaçable?] sous la membrane et dans le ventricule.

L’autopsie de Cléophas Fortin

Autopsy : Cléophas Fortin

The body externally was plump and fat. On opening the abdomen the umentum and peritoneum were highly inflamed and adherent to the intestines there was a great deal of fibrous lymph [effused] and the part was staunch with feculent matter. The intestines were very much inflamed and perforated near the ileocecal (iccolic?) valve.

Autopsie: Cléophas Fortin Traduction en français.

Le corps à l’extérieur était dodu et gras. Lors de l’ouverture de l’abdomen, l’umentum et le péritoine étaient fortement enflammés et adhérents aux intestins, il y avait une grande quantité de lymphome fibreux [effused] et la partie était ferme avec de la matière féconde. Les intestins étaient très enflammés et perforés près de la valve ileocecal (iccolic?).

 

I 13412931_638705576298020_3553155306575339765_nmjgh 13412931_638705576298020_3553155306575339765_nb 09 - Dome 1875
 La cuisine du pénitencier circa 1870. Le déjeuner et dîner étaient dans cette salle tandis que le souper était dans la cellule,  Les prisonniers devaient passer sous le dome pour se rendre à leur cellule.  Ils reçoivent un morceau de pain et du thé pour souper.

J’ai eu beaucoup de difficulté à trouver l’endroit ils étaient enterrés. Je ne pouvais trouver les documents à Kingston donc, j’ai tenté de trouver un lieu les deux auraient été enterrés à Matane, à Rimouski et dans tous les villages la famille avait vécu et ce fut sans succès. J’ai demandé l’aide du centre de recherche à Rimouski et ils sont arrivé à la même conclusion que moi. Aussi, François Fortin avait précisé lors de son entrevue de « sortie » que la seule communication qu’il avait eue, lorsqu’il était au pénitencier était avec ses parents et c’était du courrier transmis par le Gardien-Directeur. Personne n’était venu le visiter, car la famille n’avait ni les moyens, ni les ressources financières. J’assume qu’il aurait été impossible pour eux de venir chercher les corps de deux hommes.

Un chercheur à Kingston m’indiqua que : “C’était une politique standard pour le pénitencier de fournir les cadavres de prisonniers décédés, à l’Université Queen’s. Dans d’autres cas une sépulture serait organisée par la poste ou par télégraphe, et cela pourrait prendre plusieurs jours à organiser.” Malheureusement, le Gardien- Directeur ne dit pas dans ses lettres, ce qui est devenu des frères Fortin après la mort.

Finalement, avec l’aide de monsieur William Cookman président du regroupement de Kingston de la “Ontario Genealogical Society”, j’ai obtenu les documents concernant les enterrements de Pierre et de Cléophas Fortin. Les deux ont été enterrés dans l’ancien cimetière catholique de Saint-Mary’s qui est maintenant un parc connu sous le nom de McBurney Park ou Skeleton Park. (le parc des squelettes). Le cimetière Saint-Mary’s est maintenant ailleurs. Je ne pouvais trouver les renseignements car seulement les nouveaux registres étaient disponibles. J’ai cherché pendant de nombreuses années.

Les deux frères ont été enterré le même jour, le 7 décembre, 1863. Les témoins étaient James Delaney et John Kenna. Pierre est numéro 164 et Cléophas 165 dans le document.

François Fortin est épargné de la maladie et il complète sa sentence d’une durée de deux ans.

Le 3 mars 1865 : François est puni : « Désobéir aux ordres: Punition: 5 repas au pain et à l’eau et 2 nuits sans lit. Note: La punition pour «Francis Fortier (sic)» comprend une note du gardien: «J’ai appelé le garde qui déclare sa mauvaise conduite et son insolence”. [Dernière ligne difficile à lire]

Le 1 octobre 1865 : François est libéré de prison.

Il complète une entrevue de libération qui ne révèle pas grand chose. L’entrevue avec le curé et le Gardien-Directeur est intéressante. Je ne suis pas certain que cela soit arrivé car il est écrit que ses frères et lui avaient volé du “cuir” et avaient tenté de le vendre. Ce n’était pas du cuir mais du cuivre! Dans le rapport de sortie de prison François dit vouloir retourner dans la région de Rimouski.

Le 19 janvier 1869, François Fortin épousa Joséphine Langlois à St-Ulric.

En 1871, le recensement indique que la veuve de Pierre Fortin, Lydia Brillant (Briand Morel de la Durantaye) vit à Saint-Octave de Métis avec ses enfants.

Le 5 novembre 1872, la veuve de Pierre Fortin, Lydia Briand épousa Cyprien Gauthier à Saint-Octave de Métis

Entre 1887 et 1891, Lydia déménage dans le nord de l’Ontario avec son deuxième conjoint et ses enfants au village de Wahnapitae. Plusieurs membres de la famille Fortin déménagent en Ontario. Étienne Fortin, frère aîné et plusieurs sœurs Fortin se sont établis dans le Nord de l’Ontario, dans la région de Sturgeon Falls et plusieurs autres villages.

Le 10 octobre 1905, Lydia Briand décède à Wahnapitae. Sa sépulture est le 20 octobre, 1905 à la paroisse de Sainte-Anne à Sudbury. Le certificat de décès précise que Lydia Briand est décédée de typhoïde, comme son premier conjoint, Pierre Fortin.

J’ai choisi de publier cet article aujourd’hui le 29 juin, 2017 car c’est l’anniversaire de naissance de Pierre Fortin en 1837, il y a 180 ans. C’est aussi mon anniversaire de naissance. J’ai toujours eu une certaine dévotion envers cet ancêtre et ce n’est que récemment, que j’ai découvert le fait que nous partageons le même jour de naissance. Ce dévouement de ma part à vouloir trouver le fond de son histoire cruelle est-elle à cause de ce fait? Je ne sais pas!

Voici la descendance de Pierre Fortin jusqu’à moi.

Pierre Fortin, père (1837-1863)

Pierre Fortin, fils (1862-1930)

Maria Fortin (1903-1999)

Huguette Marion (1933-1995)

Robert Bérubé

Remerciements:

Tante Dorine, pour la complainte!

William Cookman: Président de la Kingston Branch, Ontario Genealogical Society.

Cameron Willis du groupe “Friends of the Penitentiary Museum” Kingston.

Claire Nadeau, Technicienne en documentation. Direction de l’est du Québec, Bibliothèque et Archives nationales du Québec

La semaine prochaine: Anne Pastourel: Une mère “Voyageur”.

 

08 - Dining Hall Cdn Ill News 1875

The Canadian Illustrated News: 1875 The prisoners in the eating area.

 

A word to THANK all of YOU for reading my texts! For those of you who take the time to encourage me, I thank you from the bottom of my heart! I am neither a writer nor an historian! I tell stories! I try to make them as accurate as possible by doing a lot of research. However, there are sometimes errors.
Some people have pointed out to me some mistakes in private and even publicly, and I have had the chance to correct the texts to make them more accurate. I thank those individuals who took the time to help me out. I also thank the persons who ask me for permission before sharing, copying, and repeating my texts.
For those  of you interested in receiving my stories automatically, I encourage you to subscribe to my Facebook site at       https://www.facebook.com/groups/394084010943300/

Pierre Fortin: The Prisoner’s Lament

by Robert Bérubé

1971: I am 16 years old and begin to take an interest in genealogy. I know the names of my great-grandparents and in some cases, I know their parents and grandparents. However, I do not know the names of the parents of my maternal great-grandfather Fortin. I questioned my mother about it and she told me that he too had been baptized Pierre as did his son. She refers me to my grandmother Maria Fortin. Quickly, I notice a discomfort when I talk to her about her ancestors. She confirms that her grandfather was called Pierre but she forgot her grandmother’s name. She communicates with a cousin who reveals that the grandmother was Lydia Brien. My grandmother shares the fact that there is a scandal in this family and that the grandfather had written a lament or a complaint in this regard.

She does not have a copy of the text, but she suspects that her sister Dorina has one. The next day, I visit great-aunt Dorina and she shares the complaint, written on an old yellowed paper. She even tries to sing it, but after a few notes and a few words, she says she is too old to sing. She adds that it has been many years since someone spoke about this sad story. She does not know the dates of birth, marriage or death of her Fortin grandparents, nor the names of their parents. She agrees to lend me the lament for a few days so that I can type the text, to the displeasure of her daughter Cécile, who finds that I am too young and not responsible enough to take good care of this document of the family archives! This is what Cécile told me more than 30 years later.

This document was the beginning of an investigation that lasted over 45 years and I have not yet found all the documents that touch several aspects of the life of this Pierre Fortin, father and his wife. What made the research difficult was that Lydia Brien was not the name documented at her birth and other documents. When I discovered her name, a series of doors opened and I was able to trace the life of Pierre Fortin, father and of course of Lydia.

Only three years ago, was I able to find out the most difficult episodes of the life of Pierre and Lydia.

Pierre Fortin‘s birth certificate indicates that he was born on June 29, 1837, in Saint-Pascal Québec. He was baptized on the same day in all probability in Saint-Pascal, but the certificate is registered in the parish of Saint-Louis de Kamouraska. His parents are Étienne Fortin, farmer and Louise Mignier-Lagacé. The godfather is Pierre Mignier-Lagacé and the godmother is Leocadie Fortin and they declared that they cannot sign.

The Census of 1852 (Canada East-West) tells us that Étienne Fortin, farmer (45) and Marie Louise Mignier-Lagacé (44) live in Sainte-Flavie with the following children: Cléophas (19), Clarice (17) , Pierre (14), Hermine (12), Francois (5) and Philomène (5). It is stated that Cléophas and Pierre are day laborers. All the children were born at Saint-Pascal except Philomène, who was born at Saint-Simon. The house is a one-storey wooden house. There are two families living there, the second being that of their eldest son Étienne (25), also a day laborer and his wife Olive Dubé (21), born in Trois-Pistoles. They have two daughters Louise (2), born in Saint-Simon and Philomène (1), born in Sainte-Flavie, the year of the census.

The same census of 1852 (Canada East-West) tells us that Xavier Brilliant (51 years old) farmer and Ozide Charette (43 years) were born in Kamouraska. They are the parents of the following children: Arthémise, born in Kamouraska, Xavier, son (16) Joseph (11) born in Saint-André, Édiase (10), Sifrois (8), Méthodi (6) Josephine (4) and Caroline (1).  The last five children born in Sainte Flavie. Caroline was born in the census year and their house is one storey and is built of wood.

The birth certificate of Lydia Briand, names her Marie Diase Brillant. She was born April 3, 1841, in Sainte-Flavie and was baptized on April 21, 1841, at the cathedral of Saint-Germain in Rimouski. She is the daughter of François Xavier Brillant and Ositte Chaurette.

The marriage certificate dated May 18, 1859 in Saint-Octave de Métis reveals that the parents of Pierre Fortin, are Étienne Fortin, farmer and Marie Louise Lagacé. They live in Saint-Jérôme de Matane while Pierre lives in Saint-Octave de Métis. Pierre is of age, while Marie Lydias (Hydrias) Boisbriand is a minor. François Xavier Boisbriand, farmer and Osithe Chaurette live in Saint Octave. The father of the bride gave his consent to the marriage of the minor wife. Étienne Fortin, brother, Thomas Noble, a friend and François Xavier are present at the wedding but they have not signed. It would seem that Pierre’s parents were not present.

This is where we see the name changes of Lydia Brien. At birth she was called Marie Diase (Hydrias) Brilliant, at the census, Édiase Brillant and at her marriage, Marie Lydias Boisbriand. At different times in her life, she was also called Lydia Briand, Marie Briand and Lydia Brien. It is also observed that her mother, Osithe Charette to some degree, also undergoes transformations of names. I’ll use the name Lydia Briand when I talk about her. The name Boisbriand is sometimes Boisbriand de la Durantaye, or Boisbriand-Morel. Some documents call her Hydrias!

Pierre and Lydia are parents of three children:

On June 10 1860, Marie Malvina was born and baptized. She is the daughter of Pierre Fortin, day laborer and Marie Lydias Boisbriand de la Durantaye in Saint-Octave de Métis. The godfather is François Xavier Boisbriand and the godmother Claire Tremblay. It is noted that the father is absent.

April 28, 1861 Pierre Fortin was born and is baptized on April 29, at the parish of Saint-Octave de Métis. The godfather is Sifroy Boisbriand and the godmother Arthémise Boisbriand. It is noted that the father is absent. The baby Pierre Fortin died on May 6, 1861, and the burial took place on May 8, 1861. in the cemetery of Saint-Octave de Métis. He was nine days old. Parents are not present as witnesses.

April 3, 1862, Pierre Fortin, son was born in Matane. He is the son of Pierre Fortin, and Diase Brillant. He was baptized on April 6, 1862, at the Saint-Jérome parish of Matane. Baptism was a conditional one, which probably means that the baby had been “ondoyée” (baptised at home) before the baptism. The godfather is Joseph Blanchard and the godmother Séraphine Tardif.

The census of 1861 reveals that the Fortin family moved from Saint-Octave de Métis to Saint-Jérôme de Matane, after the baby’s death on May 8, 1861 and the date of the census. Pierre Fortin is now a 23-year-old farmer and his wife Marie Briand (Lydia Briand) is 19 years old. Their daughter Délima (Malvina) is one year old. We learn that they live with Pierre’s mother, Marie Louise Lagacé (50) and her children Firmin (Hermine) (21), Philomène (18) François (17). This means that Pierre Fortin’s father, Étienne Fortin, died.

Their one-storey house is built of planks. So we conclude that Pierre and his small family came to live with his mother and his younger brothers and sisters. Their neighbor is his brother Cléophas Fortin, a farmer (26 years old) who is married to Séraphine Tardif (23 years old). They are the parents of Marie (5) Elizabeth (4) and Georgina (2). Their one-storey house is also built of planks. We also learn that Marie Briand (Lydia Briand) and Séraphine Tardif are the only two people over the age of 20 who can read and write.

On June 7, 1863:

A storm rises above Matane. The brig “Sultana” is wrecked on the beach of the Matane river.

On Tuesday, June 23, 1863

The Québec Daily News” reports that the Sultana vessel is reported to be ashore at or near Matane. Francophone newspapers are rare, at that time, even in Québec and of those that existed none, speaks of the shipwreck.

On Wednesday, July 1, the “Québec Morning Chronicle” reports that on Friday, July 3, the boat (brig) la Sultana will be auctioned off at the Québec Exchange.

Québec Morning Chronicle
The hull of the brig Sultana, 300 tons register, A. Johnston, Master, as she now lies or did lie wrecked at the east side of River Matane, copper fastened and copper nails in deck, with masts, spars, patent windlass on board, anchor, and about 40 fathoms chain attached, and 2 anchors and about 140 feet chain lying in the River.

Sold for account of whom it may concern, by order of the Master.

Sale at eleven o’clock, A.M.

A. J. Maxham & Co.,

Auctioneers & Brokers.

On Saturday, July 4 1863, the “Québec Morning Chronicle” reports the following:

Québec Morning Chronicle

The hull of the brig Sultana was sold by auction yesterday, for account of underwriters, as she now lies wrecked on the east side of River Matane, together with patent windlass, 3 anchors and about 63 fathoms of chain and was adjudged to Mr. Henry Dinning for the sum of two hundred dollars.

July 15, 1863: It seems that a group of men stole a batch of yellow copper and red brass from the Brig Sultana as the documents of the court will later testify.

Between July 15 and October 1, three of the Fortin brothers were charged. I do not know when they were arrested or placed in Rimouski Prison, to wait for the trial. The three brothers are Cléophas Fortin, Pierre Fortin and François Fortin.

1a. Trois - accusation 1

 

1a. Trois - accusation 1b

The accusations against the three Fortin Brothers.

 

October 1: a letter from Monsieur Bérubé, Deputy Clerk of the Crown. Province of Canada, District of Rimouski asks witnesses to appear at the court of Saint-Germain de Rimouski. Cléophas Fortin also received a letter.

 

7b. Verre (r) Summons 2b

Convocation for Witnesses to appear: To Pierre Venner and others.

 

October 13: 10 o’clock in the morning. The witnesses must appear at the Saint-Germain de Rimouski courthouse.

October 14, 1863: The three Fortin men, declare themselves, not guilty, of the crime of larceny.

1e. François Accusation 1bNote the name of witnesses 1d. Pierre Accusation 2 1b. Cléophas Accusation 2

October 15, 1863: Instructions are given and the verdict against each of the accused is that they are declared “Guilty” of the crime.

5b. Trois- indictment 2 5c. Trois- indictment 3

Note the name of the witnesses. Documents are also in English.

 

October 16, 1863: The three accused and in English: Indictment for stealing from a ship cast on shore. To wit : … and with force and arms steal one door brass lock, of the value of five shillings, two copper sheets and five copper bolts (red) and six brass bolts (yellow) of the value of five shillings of the goods and merchandise…belonging to the said ship so then and there wrecked and cast on shore as aforesaid there and then feloniously did plunder, steal, take and carry away….against the peace and dignity of the crown. (Queen Victoria)”

October 16, 1863: a sentence is made against Cléophas, Pierre and François, two years for larceny. What is to be noted, is that from the list of numerous objects in the indictment, they are condemned of stealing only “one lot of red and yellow copper”. Their sentence to be served at the “Provincial” Penitentiary of Kingston, which later became a federal penitentiary. Prisons at that time in Québec were used only for short-term imprisonment. In 1863, there was not yet a provincial prison in Québec, then called Canada-East. Kingston was in Canada West. Since the sentence was two years or more, they had to go to Kingston, Ontario.

 

3c. Pierre 2222 condamnation 1

The sentence from the jury to Pierre. Those of Cléophas and François are nearly identical.

 

 

October 16, 1863: In the Court of Queen’s Bench (Victoria) – Domina Regina against Pierre Fortin- Accusation of larceny. “The witnesses are identified: P. Venne (r) Ed. Venne (r), Jean Lacombe, Jos. Bougie, Jos. Mercier, Ed. Lacroix, D.F. De F. Aubin? –Couillard (Foreman) »

“The jurors under oath declare that Pierre Fortin, a day laborer, on the fifteenth day of July, 1863, has with force and arms, feloniously stolen a batch of yellow and red brass from the brig Sultana shipwrecked at Matane. Belonging to Pierre Venner merchant… »

The document was almost identical for Cléophas and for François.

Between October 16 and October 26, 1863, the three brothers were transported from Rimouski to Kingston. Either they were transported by train, but I’m not sure if there was a railway line between Kingston and Rimouski at that time. If so, it was quite new. The other option is transportation by boat from Rimouski to Kingston.

And now here is Pierre and Cléophas Fortin’s “Prisoner’s Lament” :

1

Relatives please hear

What I will sing to you

A lament of example

For the two poor prisoners.

At the big Criminal Court

Their sentences were pronounced

For simple trifles

Accused of stealing.

2

Ordering their sentences

No less than two years in exile

Pitre and Cléophas lose hope:

“So here we are condemned”

Later, God will be our judge,

He will know the truth

He will punish those who accuse us

And, for not telling the truth

3

We prepare to leave,

We had to bid farewell

Our wives were warned

To be on site

What terrible news

For these tender and sincere women

To see their husbands leave

For two years without seeing them

4

To exile in Kingston

They had been lead.

No pity for their wives,

And abandoned children.

Mr. Taschereau, the Judge

Included with the jurors

Plunged two creatures

Into pain and embarrassment

5

Once arrived at the penitentiary

We had to learn a trade

Courage the brothers said to themselves

God has endured more

But we shall never see our wives,

And our dear little children

We feel that our hearts are weakening

And we will die in a short time

6

Some months go by,

In trouble and boredom.

Our faces have become pale.

And we have trouble walking

We prepare to die.

Our families we must forget

To get the reward

Of a false judgment that was pronounced (against us)

7

In the parish of Matane

Venneur, hired them

By telling them that the copper

Was owned only by him

He protected himself

Believing that he would be accused

He put the blame

On his hired men

8

This will remind you of

Things of the past

Several times in the world

The same thing happened

Ah! Venneur, the great thief

In the mentioned writing

To cover up his crime

Accused his partners

9

Poor people, here is an example

And we should be talking about it

Money redeems the rich

The poor is abandoned

A judgment rendered by men

Rendered for two years

God is not the least thing

It is for all eternity

The lament only speaks of two prisoners and does not name François. So for several years, the family members and I thought that only two of the brothers were there. When Aunt Dorina gave me the lament, she told me that the lament had been smuggled out of prison. Now, I think the complaint was written by François or a member of his family. The reason for which he is not mentioned is perhaps because of his accusations against certain people. Also, we were under the impression at that time that only Pierre had died. Also, Aunt Dorina had asserted that the name of the guilty Venneur had been slightly modified, but that the letter “V” was important. For a while I thought that it said Vaneur but Venneur is what was written.

In the seventh paragraph, it is written: “Venneur, hired them, by telling them that copper was owned only by him”. Aunt Dorina thought that a word was perhaps “leather” (cuir) because the word was not written clearly. This is perhaps because of the way they pronounced the word copper (cuivre) in French. We now know that it was indeed copper.

The writer of this lament hopes that God will punish those who lied and he says: “In the parish of Matane, Venneur, hired them, telling them that copper only belonged to him … Ah! Venneur, the great thief, In the aforementioned writing, to cover himself with his crime, accused his associates. ” There are people who say that all the prisoners say they are innocent. At first, I thought, that the three brothers were guilty, however, after finding more and more facts, I am beginning to question that. François did state that he was guilty in his exit interview but did not mention the fact that they had been hired by Venner.

The legal documents say that Pierre Venne (r) is the owner, but the “Quebec Morning Chronicle” says that the owner was a Mr. Henry Dinning, so Pierre Venner (Venneur?) is not the owner, so this part of the lament is true. Some of the trials and perhaps all of the trials were in English. I am not convinced that the three Fortin brothers spoke English. I argue this because during the exit interview the answers given by Francois had been translated by the priest of the penitentiary to English.

The witnesses identified at trial are: “P. Venne (r) Ed. Venne (r), Jean Lacombe, Jos. Bougie, Jos Mercier, Ed. Lacroix, D.F. From F Aubin? –Couillard (Foreman) “. Two of the witnesses are Pierre Venne (r) and Édouard Venne (r). If one dares believe what the lament advocates: the Venne (r) have hidden their game well. Unfortunately, I have not yet found all the legal documents, including the comments of the witnesses. They may not exist.

The Fortin brothers in almost all documents and censuses for years identify themselves as “laborers”, manual workers or farmers, meaning they were hired for everyday work. So they may have been Venneur’s employees!

1862-1865: American Civil War

End of the year 1862: United States: According to the archive documents of the prison, an American deserter of the army of the union of the American Civil War left the United States and was imprisoned in the Kingston penitentiary. We do not know the name of the soldier, but you will understand the importance of this a little later in the text.

We know that Pierre, Cléophas and François Fortin arrived at Kingston Penitentiary on October 27, 1863 as indicated in the files of the three prisoners.

Pierre Fortin Cléophas Fortin François Fortin
5937 prisoner number 5936 prisoner numbers 5938 prisoner numbers
27 oct. 1863 Arrival Kingston (or 26) 27 oct. 1863 Arrival Kingston (or 26) 27 oct. 1863 Arrival Kingston (or 26)
Pierre 24 or 21 years old. In reality he was 26. 33 18
5’9 and one quarter inch 5’5 et 11-20th inches 5’10 ¼ nches
Complexion: yellowish skin, gray eyes and brown hair. Complexion: yellowish skin, gray eyes and brown hair. Complexion: yellowish skin, gray eyes and brown hair.
Trade : worked on boats Manual worker Manual worker
The sentence is October 12 (contradiction) October 16. The judge is J.A. Taschereau. The sentence is October 12 (contradiction) October 16. The judge is J.A. Taschereau. The sentence is October 12 (contradiction) October 16. The judge is J.A. Taschereau.
Can read and write a little. Can read and write. Cannot read and write a little.
Died Died Released: 1 October. End of sentence

 

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Circa 1870-1875

 

According to an historian from the penitentiary museum: “They would have been obliged to learn a trade, although in practice this meant that they worked wherever the prison authorities needed them, even if it meant breaking stones. “ Breaking stones was done at the Kingston Penitentiary. In addition, prison staff were predominantly English-speaking and Protestant.

 204  203b  197b
 Door of the cell  The cell  Punishments

Let us return to our American prisoner. According to the historian: “At the time there was a serious epidemic of typhoid fever in the prison, introduced at the end of 1862, by an American deserter of the Union army in the American Civil War. Twenty prisoners died in 1863 because of typhoid and more than 200 were sick because of it and 21 died in 1864! The kitchen-steward (kitchen manager) was “released from duty” for his poor preparation of food; The warden accused him in part for the deaths. “

November 25, 1863: Pierre Fortin is admitted to the hospital of the penitentiary “suffering from typhoid fevers”.

November 28, 1863: Cléophas Fortin is admitted to the hospital of the penitentiary “suffering from typhoid fevers”.

December 5, 1863: Pierre Fortin dies at 12:20 in the morning. He is only 24 years old.

December 5, 1863: Two letters from the Warden, Mr. D. AE. MacDonnell found in the “Warden’s Letter Books – 1850-1865” are sent, one addressed to the Clerk of the Peace and another to the Sheriff of Rimouski.

Sir (To the Sheriff District of Rimouski, C. E.)

I regret to acquaint you that ‘Pierre Fortin’ died in the Hospital of this Institution today, who’s sudden + unexpected death you will please communicate to his friends; he was but a short time ill by only from the 25th Nov up to this day. You will also let his friends know that he received the best of Medical treatment + that he had every attention from the Roman Catholic Champlain + received all the rights of his Church. Amen, Sir. Your obedt Serv. D. AE. MacDonnell Warden, P. P.

The letter to the clerk of the peace is similar.

December 6, 1863: Cléophas Fortin dies at 6:30 am. He is only 34 years old.

December 9, 1863: Two letters from the Warden found in the “Warden’s Letter Books – 1850-1865” are sent, addressed to the Clerk of the Peace and another to the Sheriff of Rimouski. The manager waits almost four days before sending this correspondence. The two letters are similar to those sent about Pierre except that he states that the last of the Fortins (François) is still in good health.

Leafing through the patients’ diary at the penitentiary hospital, we discover that the two brothers died of typhoid fever. Pierre and Cléophas were among the 20 men who died of the disease in 1863.

Pierre Fortin’s autopsy

Autopsy: Pierre Fortin

This Convict was very stout and muscular. The viscera in both thorax and abdomen were apparently in a healthy condition – The membranes of the Brain were very much inflamed. The Brain itself was highly inflamed and there was a good deal of serum [effased?] beneath the membrane and into the ventricle.

Cléophas Fortins autopsy

Autopsy : Cléophas Fortin

The body externally was plump and fat. On opening the abdomen the umentum and peritoneum were highly inflamed and adherent to the intestines there was a great deal of fibrous lymph [effused] and the part was staunch with feculent matter. The intestines were very much inflamed and perforated near the ileocecal (iccolic?) valve.

 

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Kitchen at the Kingston Penitentiary (above)Prisoners at Kingston Penitentiary ate breakfast and lunch together, but ate supper by themselves in their cells.  This is the dome that the convicts passed through on the way to their sleeping cells.  In the illustration they are receiving a tin of tea and a piece of bread for their supper.

I had a hard time finding the place where they were buried. I could not find the documents in Kingston, so I tried to find a place where both would have been buried in Matane, Rimouski and all the villages where the family had lived, and I was unsuccessful. I asked for the help from the research center in Rimouski and they came to the same conclusion, as I did. François Fortin had made it clear during his “exit” interview that the only communication he had, had when he was in the penitentiary was with his parents and it was mail sent to the Warden. No one came to visit him, for the family had neither the means nor the financial resources. I assume that it would have been impossible for them to come and fetch the bodies of the two men.

A researcher in Kingston told me that: “It was a standard policy for the penitentiary to provide the corpses of deceased prisoners to Queen’s University”. In other cases a burial would be organized by post or by telegraph, and it could take several days to organize.” Unfortunately, the Warden does not say in his letters what became of the brothers after their death.

Finally, with the help of William Cookman, chair of the Kingston group of the Ontario Genealogical Society, I obtained the documents concerning the burials of Pierre and Cléophas Fortin. Both were buried in the former St. Mary’s Catholic Cemetery, which is now a park known as McBurney Park or Skeleton Park. St. Mary’s Cemetery is elsewhere. I could not find the information because only the new registers were available. I searched for many years.

The two brothers were buried the same day on December 7, 1863. Witnesses were James Delaney and John Kenna. Pierre is number 164 and Cléophas 165 in the document.

François Fortin was spared the disease and completed his sentence of two years.

March 3, 1865: François is punished: “Disobeys orders: Punishment: 5 bread and water meals and 2 nights without bed. Note: The penalty for “Francis Fortier (sic)” includes a note from the guard: “ I called the guard who talks about his bad behavior and insolence.” [Last line was difficult to read]

 195b  194b  192
 Corporal Punishment  Ball and chain  Hand and foot restraints

October 1, 1865: François is released from prison.

He completes a release interview that does not reveal much. The interview with the parish priest and the Warden is interesting. I’m not sure it happened because it’s written that he and his brothers had stolen leather and tried to sell it. It was not leather, but copper! In the report of the release interview François says to want to return to the region of Rimouski.

On November 5, 1872, Pierre Fortin’s widow, Lydia Briand married Cyprien Gauthier in Saint-Octave de Métis

Between 1887 and 1891, Lydia moved to Northern Ontario with her second spouse and children to the village of Wahnapitae. Several members of the Fortin family moved to Ontario. Étienne Fortin, the oldest brother and several Fortin sisters established themselves in Northern Ontario some in the Sturgeon Falls area.

On October 10, 1905, Lydia Briand died in Wahnapitae. Her burial is October 20, 1905 at the parish of Sainte-Anne in Sudbury. The death certificate indicates that Lydia Briand died of typhoid, like her first spouse Pierre Fortin.

I chose to publish this article today on June 29, 2017, because it is the birthday of Pierre Fortin in 1837, 180 years ago. It’s also my birthday. I have always had a certain devotion to this ancestor and it is only recently that I discovered the fact that we share the same day of birth. Is this devotion on my part to want to find the bottom of his cruel history because of this fact? I do not know!

Here are the descendants of Pierre Fortin to me:

Pierre Fortin, father (1837-1863)

Pierre Fortin, son (1862-1930)

Maria Fortin (1903-1999)

Huguette Marion (1933-1995)

Robert Bérubé

Many Thanks to:

Tante Dorina for the Prisoner’s Lament!

William Cookman: President, Kingston Branch, Ontario Genealogical Society

Cameron Willis of the Friends of the Penitentiary Museum in Kingston.

Claire Nadeau, Documentation Technician. Eastern Québec Branch, Library and Archives nationales du Canada.

Next week: Anne Pastourel: A “Voyageur” Mother!

 

 

 

 

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One thought on “Pierre Fortin: La complainte du prisonnier. Pierre Fortin: The Prisoner’s Lament.

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