Les premiers coureurs de bois (1608-1630) The First “Coureurs de bois”

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The English version follows the French one.

Un petit mot pour vous REMERCIER de lire mes textes! Pour ceux et celles qui m’encouragent, je vous remercie du plus profond du coeur! Je ne suis ni écrivain, ni historien! Je raconte des histoires! Je tente de les rendre aussi justes que possible par mes recherches. Cependant, il peut y avoir des erreurs. Certaines personnes m’ont fait remarquer diverses coquilles en privé et même publiquement et j’ai eu la chance de corriger les histoires pour les rendre plus congruentes. Je suis reconnaissant envers ces gens. Je remercie aussi les individus qui me demandent la permission avant de partager, copier, et répéter mes textes.

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Les premiers coureurs de bois. (1608-1630)

par Robert Bérubé

S’il y a un groupe de nos ancêtres qui ont été oubliés ou mal jugés dans l’histoire de notre pays se sont bien les coureurs de bois. Lorsque l’on en parle, ils sont souvent calomniés, critiqués et salis. Dans le présent texte, je vais tenter de présenter une différente perspective de ces hommes. Nous devons reconnaître que même s’ils font partie d’un groupe particulier, ils demeurent quand même des individus. Je précise ceci car les crimes ou la bravoure d’un individu ne devraient pas influencer la vue d’ensemble de tout un groupe. Je touche seulement la période entre 1608 et 1630. Il est impossible de rendre justice à tous les coureurs de bois qui ont existé sans diviser l’histoire de ceux-ci, en tranches. La raison est que chacun des regroupements de coureurs de bois a vécu sous différentes administrations, sous différents règlements et différentes réalités. Plus tard, lors de la période de contrats imposés par les administrations de la colonie, un nouveau terme a été créé pour définir ces hommes qui assumaient des fonctions similaires. Ils étaient maintenant appelé des “Voyageurs”. Durant cette période de temps, les coureurs de bois étaient perçus comme des hors-la-loi. Plus tard, dans l’histoire nous retrouvons aussi les engageurs et les engagés.

À travers les années, on a raconté l’histoire des coureurs de bois de différentes façons. Certains les ont considérés comme des mécréants, des rebelles, des voleurs, des malhonnêtes, des sans scrupules et sans morale, des paresseux et une multitude d’autres mots péjoratifs. À l’inverse certains les dépeignent comme des héros détachés de la société et de la religion de la Nouvelle-France, ce qui est aussi faux.

Il faut comprendre qu’à ce temps ce sont les fonctionnaires et les religieux, (les Relations des Jésuites) qui rédigent l’histoire de la Nouvelle-France. L’histoire que ces rédacteurs présentent, reflète leurs jugements, leurs valeurs, leur êtres et leurs positions politiques. Les écrivains sont les autorités laïques et religieuses de l’époque.

Certains historiens qui ont suivi étaient très critiques des coureurs de bois. L’importance de ces hommes, dans l’histoire de la Nouvelle-France, du Canada et d’une grande partie de l’Amérique du Nord ne fut pas seulement déformée ou oublié par plusieurs historiens Canadiens et Québécois mais elle le fut aussi par les historiens Canadiens anglais et Américains.

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Il y a quelques semaines, je vous parlais de ma définition de “Peuple de l’eau”. Ce peuple comprend toutes les personnes qui sont devenues “canadiennes”. Cela comprend les Français qui décident d’être Canadiens, les enfants de mariage exogame, les gens nés dans ce pays, les gens qui voyagent sur les grands lacs et les rivières. Je préfère ce terme à celui de Canayen! Les coureurs de bois font aussi partie du groupe.

Le premier coureur de bois est Étienne Brûlé et il est arrivé avec Champlain en 1611. Champlain l’avait embauché comme truchement. Peu de temps après, il semblerait que deux autres garçons sont aussi devenus coureur de bois et ils sont Nicolas Marsolet et Pierre Raye.

Je ne pense pas que ces trois jeunes hommes et tous les premiers coureurs de bois connaissaient le terme coureur de bois. Ils étaient des enfants et des jeunes hommes qui étaient venus s’établir ici en tant que truchements. Normand Lafleur dans son livre “La Vie traditionnelle des coureurs de bois aux XIXe et XXe siècles” définit les truchements de la Nouvelle-France, comme étant des “guides interprètes, qui sont devenus nos coureurs de bois. De plus, ils ont été les premiers Européens à se familiariser le plus rapidement avec la vie amérindienne. Ils se sont engagés totalement dans un genre de vie en accord avec les conditions géographiques, climatiques, économiques et sociologiques du Nouveau Monde, à un point tel qu’ils ne pouvaient déjà plus, au bout de quelques années, envisager tout retour au mode de vie de la France.”

 

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Vieille carte inversée de l’Amérique du Nord. Le Cuba et le Mexique sont en haut et le Saint Laurent en bas!

Par contre, en étudiant l’histoire des truchements et des coureurs de bois, on se rend compte rapidement que malgré leurs opinions très négatives au sujet de ces garçons, les dites autorités religieuses et civiles ne se privent jamais de se servir de leurs aptitudes spéciales, tels que la traduction, la vie en forêt, l’interaction avec différentes ethnies et l’accompagnement de missionnaires en régions éloignées.

Certains historiens tels Benjamin Sulte semblent définir les coureurs de bois selon deux critères différents, les bons et les mauvais. Il semble avancer que les truchements qui avaient été embauchés par Samuel de Champlain étaient les bons car ils partageaient la philosophie de Champlain qui était l’établissement des colonies françaises, car Champlain et ses associés luttaient pour peupler et évangéliser les Amérindiens. Les mauvais étaient ceux qui partageaient la vision des commerçants et de leurs commis, uniquement préoccupés par les fourrures et les richesses qu’elles rapportent. De plus, Sulte juge que ceux qui établissent des familles sont bons…les autres non. Cette façon de penser n’est pas juste pour les coureurs de bois qui sont décédés jeunes.

Il semblerait qu’il y avait deux systèmes de traite des fourrures qui opèrent en parallèle en Nouvelle-France. Celui qui fournit les profits visés par la royauté et la compagnie française, et un deuxième qui permet la survie des colons.

À la défense des coureurs de bois.

Dans les documents écrits on retrouve les termes coureurs des bois et coureurs de bois. Les deux peuvent être utilisés. Ces personnes figurent parmi les premiers habitants Européens de la Nouvelle-France et nous devrions reconnaître ce fait. Pour plusieurs d’entre eux lorsqu’ils sont arrivés en Nouvelle-France, ils étaient jeunes. Au péril de leur vie, ils ont parcouru le pays en canot, ils ont maîtrisé les langues amérindiennes et ils ont été les premiers Français à franchir l’intérieur du continent. Ils devaient établir des liens avec les populations autochtones, vivre avec eux et comprendre leurs coutumes, afin de servir d’intermédiaires auprès des Français.

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Statue de Jean Nicolet

C’était pour eux une immersion physique, sociale, intellectuelle, culturelle et spirituelle et ces garçons ont assumé la vie d’Amérindiens. En vivant avec les différents peuples, ils acceptent les pratiques, les moeurs, les traditions et les façons de vivre et de survivre en forêt et en société autochtone.

Il fallait que ces garçons soient brillants, énergiques, durs à la tâche, épris d’aventure et surtout courageux pour aller vivre parmi les tribus amérindiennes. Après tout, ils abandonnaient le monde qu’ils avaient connu en Europe, pour tisser des liens et pour contribuer à créer une nouvelle société.

Les truchements devaient être prêt de servir et à obéir aux ordres. Ils avaient la pleine et entière confiance de Samuel de Champlain, d’autres patrons, des nations amérindiennes et de leurs concitoyens, ce qui prouve qu’ils assumaient une position de très grandes responsabilités. De plus, ils devaient avoir une facilité à apprendre des langues nouvelles et la capacité d’adaptation dans un contexte culturel très différent. Ils devaient être capable de vivre avec un groupe d’hommes car les coureurs de bois ne partent jamais seuls pour faire la traite.

Pour ceux qui étaient les truchements de Samuel de Champlain, ils devaient l’accompagner dans ses voyages comme dans ses combats. Ils faisaient la traite des pelleteries et comptaient de nombreux amis chez les diverses tributs. Les truchements étaient les premiers grands négociateurs de contrats au nom du roi. Ces hommes faisaient le lien entre les tributs indiennes d’Amérique et les Blancs fraîchement débarqués sur ce grand continent.

 

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Les premiers Coureurs de bois ont été les premiers Européens à visiter plusieurs des endroits sur cette carte!

Ces intrépides aventuriers étaient des hommes de valeur pour le pays. Ceci ne veut pas dire qu’ils étaient toujours sans reproches. Est-ce que Champlain, les missionnaires et les autorités de la colonie reconnaissaient la grande valeur des truchements? Difficile à dire. Pourtant, les missionnaires se sont installés, assez loin sur le continent et ils s’y sont rendus avec l’aide des coureurs de bois.

Des traitres?

En 1624, Gabriel Sagard dénigre Étienne Brûlé. Le récollet dénonce les moeurs libres du nomade et il révèle que Brûlé a désormais deux maîtres puisqu’il travaille pour la Nouvelle-France et pour les commerçants de fourrures, ennemis de Champlain.

En 1629. Champlain avait capitulé devant les frères Kirke et la plupart des Français rentraient dans la mère-patrie. Les truchements Olivier Letardif, Jean-Paul Godefroy et Eustache Boullé retournent aussi en France. Certaines familles sont restés au pays sans se faire critiquer par Champlain et autres. Il faut reconnaître que ces anciens Français ont adopté le Canada comme pays.

La plupart des truchements qui décident de rester vont alors se réfugier chez les Amérindiens. En sorte, ils se définissent aussi comme Canadiens. Étienne Brûlé et Nicolas Marsolet manifestèrent leur intention de rester en Nouvelle-France et de vivre avec les Autochtones. Pour pallier les critiques et les accusations de trahison, ils affirment le suivant: « Nous avons été pris de force, firent-ils comme excuse ; nous savons très bien que si l’on nous tenait en France qu’on nous pendrait […] »

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On rappelle qu’Olivier le Baillif “est un mauvais Français, perfide à son Roy et à sa patrie, car il s’est donné aux Anglais en devenant le commis des Kirke”. De plus, il profite de son poste pour se saisir de 4000 peaux de castors entreposées dans le magasin. Nous devons accepter que le Baillif ait été bandit mais Olivier le Baillif n’était PAS un truchement, ni un coureur de bois!

Certains critiques et historiens disent que les coureurs de bois qui restent, auraient décidé de faire partie des traîtres et des crapules les plus perfides et infâmes en travaillant pour les Anglais. Un des pires du lot, selon eux est “l’ignoble Étienne Brûlé”.

Dès leurs arrivées plusieurs truchements s’intéressent principalement à la traite des fourrures plutôt qu’à l’installation de colons français au pays, et ceci explique en partie pourquoi ils se mettent au service des Anglais comme interprète. Ce geste sera reproché et même calomnié par Champlain en 1632.

Lorsqu’ils sont arrivés en Nouvelle-France, ces truchements étaient des garçons et des jeunes hommes. Ce que nous devons comprendre c’est qu’ils passent entre 10 et 15 ans de leur vie dans des communautés amérindiennes et ils adoptent leur train de vie. L’arrivée des Kirke et la prise de Québec changent leur vie seulement s’ils retournent en France donc, pourquoi retourner? Marie Rollet n’est pas retournée en France car son deuxième époux Louis Hébert et elle avaient vendu tout leur avoir en France. Champlain comprend le fait qu’elle décide de rester au Canada. Pourquoi n’accepte-t-il pas le fait que la plupart des truchements ont raison de demeurer en Nouvelle-France?

Les religieux tels Sagard qui critiquent les moeurs libres de ces nomades semblent oublier que ce sont Champlain et autres qui ont créé cette situation en envoyant les garçons et les jeunes hommes vivre dans une société différente. On pourrait aussi avancer le fait que Sagard ne comprend pas les moeurs des sociétés amérindiennes. Les coureurs de bois respectent la société autochtone. Ce qui est difficile à accepter pour certains!

Le dernier point à avancer pour disculper les truchements comme traitre est le fait qu’il n’y a eu aucun procès à leur égard, aucune pendaison, aucune punition seulement des reproches. Il est triste que certaines personnes persistent encore aujourd’hui à accuser les coureurs de bois de traitres.

Les truchements devenus Coureurs de bois.

En consultant différentes sources j’ai pu établir un début de liste qui comprend le nom de certains truchements en Nouvelle-France entre 1611 et 1630. Je ne peux garantir la véracité de toutes les dates et il y a probablement des oublis. La raison est simple, il y a beaucoup de contradictions dans les différentes sources et plusieurs truchements ne sont pas nommés donc, je suggère d’utiliser la présente comme un point de départ et non comme une fin.

En consultant plusieurs sources qui parlent des premiers coureurs de bois qui ont oeuvré entre 1608 et 1630, j’ai repéré 21 noms. Il se pourrait qu’il y en avait plus, mais on ne donne pas leurs noms.

Des 21 noms, j’en ai enlevé quatre, car selon moi, ils ne sont pas truchements. Ils sont Olivier Le Baillif, un nommé Froidemouche, un nommé Lecocq et un engagé, peut-être de Nicolas Pivert qui demeure sans nom. La raison pour laquelle les noms de ces quatre personnes sont donnés dans certaines listes c’est parce que lors de la prise de Québec, Olivier Le Baillif a décidé de demeurer en Nouvelle-France, l’engagé est resté aussi, peut-être contre son gré, Froidemouche et peut-être Lecocq, a été envoyé à Québec, car il était à La Malbaie. Le Cocq est charpentier et Olivier Le Baillif est un sous-commis. J’avance le fait que certains voulaient peut-être associer Le Baillif aux truchements à cause de son comportement et agissements criminels.

Il est difficile de déterminer des dates précises concernant certaines naissances, dates d’arrivée, dates de voyages d’exploration et de décès. J’ai accepté les dates où, il y avait preuve ou consensus entre les historiens sérieux.

La liste contient le nom de 17 personnes qui ont été truchements et coureurs de bois. Voici les noms des hommes, leur date de naissance, la date d’arrivée au pays, la date de décès, truchement et une case commentaire. DCB veut dire “Dictionnaire biographique canadien”

Nom Naissance Arrivée Décès Truchement Commentaires
Étienne Brûlé 1592 vers France 1608  1610 1er voyage Juin 1633 tué truchement explorateur DBC
Nicolas du Vignau 1611-1612 truchement explorateur DBC
Pierre Raye 1613 truchement explorateur
Nicolas Marsolet 1601 1613 (1608) 1677 truchement explorateur DBC
Grenolle 1615 (1621-1626) truchement explorateur avec Brûlé
Jean Manet 1617- 1626-27  Disparu en 1632
Jean Nicolet 1598 1618 (1620) 1642 noyé truchement explorateur DBC
Eustache Boullé 1600 1618 1638  truchement Retour en France 1629 DBC
Olivier Le Tardif 1604 1621 Janvier 1665 truchement explorateur DBC
Jean Richer 1621-1624 Ne retrouve pas en 1632
Jean Godefroy 1607-1608 1626 1681  truchement DBC
Jean-Paul Godefroy 1602 1626-1623 1688 France truchement 1629 Europe revient: DBC
Thomas Godefroy 1610 1626 1652 massacré truchement célibataire DBC
François  Marguerie 12 oct. 1612 1626 (1636) 23 mai 1648 noyé truchement Louise Cloutier DBC
Jacques Hertel 1606? 1626 soldat 10 août1651 accident Soldat interprète Marie Marguerie DBC
Gros Jean de Dieppe (Jean QUI)  entre 1629-1632 au lac Supérieur Truchement des Algonquins 1629 se donne aux anglais
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Des 17 truchements et coureurs de bois de cette période, il y a beaucoup de renseignements de disponible, au sujet de 11 d’entre eux et ils sont: Étienne Brûlé, Nicolas du Vignau, Nicolas Marsolet, Jean Nicolet, Eustache Boullé, Olivier Le Tardif, Jean Godefroy, Jean-Paul Godefroy, Thomas Godefroy, François Marguerie et Jacques Hertel. D’ailleurs, ils ont tous une biographie dans le Dictionnaire Biographique du Canada.

Il y a peu de renseignements concernant Pierre Raye et Grenolle et encore moins de renseignements qui parlent de Jean Manet et de Jean Richer.

Je soupçonne que le nom de Jean Marcolet devrait se lire Nicolas Marsolet mais je peux me tromper et il est mentionné par seulement un historien. Il y a des renseignements concernant Gros Jean de Dieppe et certains historiens prétendent qu’il est peut-être Jean Manet et d’autres disent Jean Richer ou même Jean Nicolet.

Des 11 mieux connus seulement trois sont rentrés en France en 1629. Ils sont toujours bien représentés par les rédacteurs du temps. Des huit autres “mieux connus” qui sont demeurés au Canada pendant l’occupation des frères Kirke, les religieux et les administrateurs ne semblent pas les critiquer de la même façon. On penserait que les huit seraient tous accusés d’être traitres mais tel n’est pas le cas. Plusieurs commentateurs sont extrêmement critiques envers Étienne Brûlé, Nicolas du Vigneau et Nicolas Marsolet. Ils excusent Jean Nicolet, Jean Godefroy, Thomas Godefroy, François Marguerie et Jacques Hertel en disant que ces hommes ne sont pas traîtres car ils se sont réfugiés chez les Amérindiens et étaient de bons chrétiens. Il est difficile à juger ce qu’est un traitre en suivant ces critères!

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Dans les moins connus, j’exclus Jean Manet, Jean Richer, Gros Jean et Jean Marcolet, car il y a peu de renseignements. Dans les cas de Pierre Raye et Grenolle, ils sont sévèrement critiqués.

Les points en commun entre les hommes des deux groupes qui sont très critiqués c’est qu’ils sont les premiers des premiers truchements en oeuvre en Nouvelle France. Il est évident qu’ils ne font pas confiance aux religieux et ils refusent de collaborer en leur enseignant les langues autochtones. Ils vivent la vie d’Amérindiens plutôt que de suivre les traditions et les exigences de l’église catholique. Tandis que les “excusés” collaborent pleinement avec les religieux et semble démontrer des aptitudes de bons catholiques. Nicolas Marsolet est sévèrement critiqué jeune, car il se méfie des religieux mais il se rachète en baptisant un Amérindien, et aussi en fondant une famille catholique. J’avance la conclusion que si tu étais un bon catholique aux yeux de certains religieux du temps, tu n’étais pas un traitre, autrement tu l’étais!

Étienne Brûlé n’a pas pu bénéficier de la même chance que Marsolet, car il est mort jeune. Si Étienne Brûlé avait collaboré avec les religieux lorsqu’il était jeune, est-ce que son martyre aurait figuré autant que celui des martyres canadiens?

Il reste Nicolas du Vigneau que Champlain avait qualifié du “plus impudent menteur qui se soit vu de long temps,”  L’historien Marcel Trudel avance l’idée que du Vigneau n’avait pas menti et que Champlain avait été la dupe des Amérindiens! Intéressant!

Il faut reconnaître que ces premiers coureurs de bois font partie des gens qui ont forgé notre identité, notre caractère culturel et social. Ils méritent de faire partie des grands de l’histoire. Dans d’autres temps, ils seront remplacés par d’autres coureurs de bois, des voyageurs, des explorateurs, des truchements et des engagés.

Nous sommes les descendants de deux de ces hommes: Nicolas Marsolet et Jacques Hertel. Nous pouvons considérer François Marguerie comme un oncle, étant donné qu’il est le frère de Marie Marguerie, épouse de Jacques Hertel.

La semaine prochaine: Nicolas Marsolet et Jacques Hertel

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A word to THANK all of YOU for reading my texts! For those of you who take the time to encourage me, I thank you from the bottom of my heart! I am neither a writer nor an historian! I tell stories! I try to make them as accurate as possible by doing a lot of research. However, there are sometimes errors.
Some people have pointed out to me some mistakes in private and even publicly, and I have had the chance to correct the texts to make them more accurate. I thank those individuals who took the time to help me out. I also thank the persons who ask me for permission before sharing, copying, and repeating my texts.
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The First “Coureurs de bois”  (Runners of the Woods) (1608-1630)

by Robert Bérubé

If there is a group of our ancestors who have been forgotten or misjudged in the history of our country, it is the “coureurs de bois” (Runners of the Woods). When they are mentioned, they are often slandered, criticized and soiled. In the present text, I will try to present a different perspective of these men. We must recognize that even though they are part of a particular group, they are still individuals. I say this because the crimes or bravery of an individual should not influence the overall view of an entire group. I only touch the period between 1608 and 1630. It is impossible to do justice to all the “coureurs de bois” (Runners of the Woods) who existed without dividing their history, into sections. The reason is that each of the groups of “coureurs de bois” (Runners of the Woods) lived under different administrations, under different regulations and different realities. Later, during the period of contracts imposed by the colonial administrations, a new term was created to define these men who assumed similar functions. They were now called “Voyageurs”. During this period of time, the “coureurs de bois” (Runners of the Woods) were perceived as outlaws. Later in history, we also find the “engageurs” (hirers) and the “engagés” (the hired).

Throughout the years, the history of the “coureurs de bois” (Runners of the Woods) has been told in different ways. Some have considered them as disbelievers, rebels, thieves, dishonest, unscrupulous, without morals, good-for nothing and a multitude of other derogatory words. Conversely, some of them depict them as heroes detached from the society and religion of New France, which is also false.

It must be understood that at that time it was the administrators and the religious (the Jesuit Relations) who wrote the secular and religious history of New France. The story that these editors present, reflects their judgments, their values, their beings and their political positions.

Some later historians were very critical of the “coureurs de bois” (Runners of the Woods). The importance of these men in the history of New France, Canada and much of North America was not only distorted or forgotten by several Canadian and Québec historians, but also by British, American, and Canadian historians.

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A few weeks ago, I was talking about my definition of “Peuple de l’eau” (People of the Waters). This group of people includes all who have become “Canadien”. This includes the French who decide to be Canadiens, children of exogamous marriages, (often referred to as Métis), people born in this country, people traveling on large lakes and rivers. I prefer this term to “Canayen”! The “coureurs de bois” (Runners of the Woods) are definitely part of the group.

The first “coureurs de bois” was Étienne Brûlé and he arrived with Champlain in 1611. Champlain had hired him as a “truchement” (interpreter). Shortly thereafter, it would seem that two other boys also became “coureurs de bois” and they are Nicolas Marsolet and Pierre Raye.

I do not think these three young men and all the “coureurs de bois” knew the term “coureurs de bois”. They were children and young men who had come to settle here as interpreters. Normand Lafleur in his book “The Traditional Life of “Coureurs de Bois” in the 19th and 20th Centuries of New France defines them as “guide-interpreters, who have become our “coureurs de bois”. Moreover, they were the first Europeans to become familiar with the Amerindian life as quickly as possible. They committed themselves totally to a way of life in accordance with the geographical, climatic, economic and sociological conditions of the New World, to such an extent that, after a few years, they could no longer envisage any return to the mode of life of France. “

 

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A very old map of North America. It is upside down, Notice Mexico and Cuba at the top and the Saint Lawrence at the bottom left.

On the other hand, by studying the history of the interpreters and “coureurs de bois”, one soon realizes that despite their very negative opinions about the young men, the said religious and civil authorities never deprive themselves of their special abilities, such as for interpretation, survival in the forest, interaction with different ethnic groups and the accompaniment of missionaries in remote areas.

Some historians such as Benjamin Sulte seem to define the “coureurs de bois” according to two different criteria; the good ones and the bad ones. It seems that the truchements (interpreters) that had been hired by Samuel de Champlain were the good ones because they shared Champlain’s philosophy, which was the establishment of the French colonies because Champlain and his associates fought to populate New France and also to evangelize the Amerindians. The bad ones were those who shared the vision of traders and their clerks, only concerned about the furs and the wealth they bring back. Moreover, Sulte judges that those who established families are good … the others, not. This way of thinking is not just for the “coureurs de bois” who have died young.

It would appear that there were two fur-trading systems operating in parallel, in New France. The one which provides the profits targeted by royalty and the French company, and a second which encourages the establishment of settlers.

In Defense of the “Coureurs de Bois”.

In the written documents we find the terms “coureurs de bois”(singular) and “coureurs des bois” (plural). Both terms can be used. These men were among the first European inhabitants in New France. For many of them when they arrived, they were young. Risking their lives, they traveled the country by canoe, they mastered Native American languages ​​and they were the first Frenchmen to go into the interior of the continent. They had to establish relationships with the indigenous peoples, live with them and understand their customs, in order to act as intermediaries with the French. It was for them a physical, social, intellectual, cultural and spiritual immersion and these boys assumed the life of the Amerindians. By living with different peoples, they accepted their practices, customs, traditions, ways of living, surviving in the forest and in Aboriginal society.

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Statue of Jean Nicolet

These boys had to be brilliant, energetic, dedicated workers, adventurous and above all brave to go and live among the Native American tribes. They abandoned the world they had known in Europe, to forge ties and to help create a new society.

The truchements (interpreters) had to be ready to serve and to obey orders. They had the full and complete confidence of Samuel de Champlain, other bosses, Amerindian nations and their fellow citizens, which proves that they assumed a position of great responsibility. Moreover, they had to be able to learn new languages ​​and adapt in a very different cultural context. They had to be able to live with a group of men because the “coureurs de bois” never left alone to do the trading.

For those who were Samuel de Champlain’s “coureurs de bois”, they had to accompany him on his journeys as well as in his battles. They traded furs and had many friends among the various tribes. The truchements were the first major negotiators of contracts in the king’s name. These men made the link between the Amerindian tribes of America and the whites freshly disembarked on this great continent.

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The first Coureurs de bois were the first Europeans to visit many areas on this map!

These intrepid adventurers were men of value to the country. This does not mean that they were always blameless. Did Champlain, the missionaries and the authorities of the colony recognize their great value? Hard to say. The missionaries should, since they settled far enough on the continent and they went there with the help of the “coureurs de bois”.

Traitors?

In 1624, Gabriel Sagard denigrated Étienne Brûlé. The Récollet denounces the free spirit of the nomad and reveals that Brûlé now has two masters since he works for New France and for the fur traders, enemies of Champlain.

In 1629 Champlain capitulated before the Kirke brothers and most of the French returned to the mother-country. The interpreters Olivier Letardif, Jean-Paul Godefroy and Eustache Boullé also returned to France. Some families remained in Canada without being criticized by Champlain and others. It must be acknowledged that these former French men and women adopted New France as a country.

Most of the truchements who decided to stay took refuge with the Amerindians. So they also define themselves as Canadiens. Étienne Brûlé and Nicolas Marsolet expressed their intention to remain in New France and to live with the Aboriginals. To overcome criticism and accusations of treason, they asserted the following: “We were taken by force, they made as an excuse; We know very well that if we were kept in France they would hang us … “

The writers state that Olivier Le Baillif “ is a bad Frenchman, perfidious to his King and his country, for he gave himself up to the English by becoming the Kirke clerk.” In addition, he takes advantage of his position to seize 4000 beaver skins stored in the store. We must accept that Le Baillif was a bandit, but Olivier Le Baillif was NOT a “coureurs de bois” nor a translator.

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Some historians say that the coureurs de bois that remained behind made the choice to be among the most perfidious and infamous traitors and scoundrels while working for the English. One of the worst of the lot, according to them is “the ignoble Étienne Brûlé”

As soon as they arrived, several truchements were interested mainly in the fur trade rather than the settlement of French settlers in the country, and this explains in part why they put themselves at the service of the English as interpreter. This gesture was reproached and even calumniated by Champlain in 1632.

When they arrived in New France, these “coureurs de bois” were boys and young men. What we need to understand is that they spent between 10 and 15 years of their lives in Native American communities and they adopted their lifestyle. The arrival of the Kirkes and the taking of Québec would change their lives only if they returned to France so why return? Marie Rollet did not return to France because her second husband Louis Hébert and she had sold all their assets in France. Champlain understands the fact that she decides to stay in Canada. Why does he not accept the fact that most of the “coureurs de bois” have reason to decide to remain in New France?

Religious such as Sagard who criticize the free ways and manners of these nomads seems to forget that it was Champlain and others who created this situation by sending boys and young men to live in a different society. One could also argue that Sagard does not understand the customs of Amerindian societies. “Coureurs de bois” respect Aboriginal society. This is hard for some to accept!

The last point to be advanced to exculpate the truchements as traitors is the fact that there has been no trial against them, no hanging, no punishment only reproaches. It is sad that some people still persist today in accusing the “coureurs de bois” as treacherous.

The Truchements Become “Coureur de Bois”.

By consulting different sources, I was able to establish a list which includes the name of certain truchements in New France between 1611 and 1630. I cannot guarantee the veracity of all the facts and there are probably some that have not been included. The reason is simple, there are many contradictions in the different sources and several truchements are not named, so I suggest using this as a starting point and not as an end.

By consulting several sources who speak of the first “coureurs de bois” who worked between 1608 and 1630, I identified 21 names. There may be more!

Of the names, I removed four of them, because I do not think they are “coureurs de bois”. They are Olivier Le Baillif, a man one named Froidemouche, another named Lecocq, and one engagé, employed by Nicolas Pivert, who remains nameless. The reason why the names of these four people are given in certain lists is because during the capture of Québec, Olivier Le Baillif decided to remain in New France, the engaged remained also, perhaps against his will, Froidemouche, and perhaps Lecocq, was sent to Québec, for he was at La Malbaie. Le Cocq is a carpenter and Olivier Le Baillif is a sub-clerk. I argue that some people may have wanted to associate Le Baillif with the “coureurs de bois” because of his bad behavior and criminal behavior.

It is difficult to determine precise dates for certain births, dates of arrival, dates of exploration and death. I accepted the dates if there was evidence or consensus among serious historians.

The list contains the names of 17 people who were truchements and “coureurs de bois”. The men’s names, date of birth, date of arrival, date of death, title and a comment box are listed below. DCB means the Dictionary of Canadian Biography.

Name Birth Arrival Death Title Comments
Étienne Brûlé 1592 circa France 1608  1610 June 1633 killed interpreter explorer DCB
Nicolas du Vignau 1611-1612 interpreter explorer DCB
Pierre Raye 1613 interpreter explorer
Nicolas Marsolet 1601 1613 (1608) 1677 interpreter explorer DCB
Grenolle 1615 (1621-1626) interpreter explorer with Brûlé
Jean Manet 1617- 1626-27  Disappeared 1632
Jean Nicolet 1598 1618 (1620) 1642 drowned interpreter explorer DCB
Eustache Boullé 1600 1618 1638  interpreter Returned France 1629 DCB
Olivier Le Tardif 1604 1621 Jan. 1665 interpreter explorer DCB
Jean Richer 1621-1624 No info after 1632
Jean Godefroy 1607-1608 1626 1681 Interpreter DCB
Jean-Paul Godefroy 1602 1626-1623 1688 France  Interpreter 1629 Europe came back: DCB
Thomas Godefroy 1610 1626 1652 massacre Interpreter  single DCB
François  Marguerie 12 oct. 1612 1626 (1636) 23 may 1648 drowned Interpreter  Louise Cloutier DCB
Jacques Hertel 1606? 1626 soldier 10 aug.1651 accident Soldier interpreter Marie Marguerie DCB
Gros Jean de Dieppe (Jean QUI) between1629-1632 Lake Supérieur interpreter explorer 1629  with English
Jean Marcolet

Of the 17 truchements and “coureurs de bois” of this period, there is much information available, about 11 of them and they are: Étienne Brûlé, Nicolas du Vignau, Nicolas Marsolet, Jean Nicolet, Eustache Boullé, Olivier Le Tardif, Jean Godefroy, Jean-Paul Godefroy, Thomas Godefroy, François Marguerie and Jacques Hertel. In fact, they all have a biography in the Dictionary of Canadian Biography.

There is little information concerning Pierre Raye and Grenolle and even less information about Jean Manet and Jean Richer.

I suspect that the name of Jean Marcolet should read Nicolas Marsolet but I can be wrong and he is mentioned by only one historian. There is information about Gros Jean de Dieppe and some historians claim that he is perhaps Jean Manet and others say Jean Richer or even Jean Nicolet.

Of the 11 best known only three returned to France in 1629. They are still well looked upon by the writers of the time. Of the eight “better known” who remained in Canada during the occupation of the Kirke brothers, religious and administrators do not seem to criticize them in the same way. One would think that the eight would all be accused of being traitors, but this is not the case. Several writers are extremely critical of Étienne Brûlé, Nicolas du Vigneau and Nicolas Marsolet. They excuse Jean Nicolet, Jean Godefroy, Thomas Godefroy, François Marguerie and Jacques Hertel by saying that these men are not traitors because they took refuge with the Amerindians and were good Christians. It is difficult to judge what a traitor is by following these criteria.

In the lesser known category I exclude Jean Manet, Jean Richer, Gros Jean and Jean Marcolet, because there is little information. In the cases of Pierre Raye and Grenolle, they are severely criticized.

The common points between the men of the two groups who are very much criticized is that they are the very first of the first truchements and “coureurs de bois”. It is obvious that they do not trust the religious and the administrations and refuse to collaborate in teaching them the indigenous languages. They live the lives of Amerindians rather than following the traditions and demands of the Catholic Church. While those that collaborate fully with the religious and seem to demonstrate the qualities of good Catholics are not criticized. Nicolas Marsolet is severely lambasted as a young man, because he is suspicious of the religious, but he redeems himself by baptizing an Indian, and also by having a Catholic family. I conclude that if you were a good Catholic in the eyes of the religious of the time, you were not a traitor, otherwise you were!

Étienne Brûlé was not given the same chance as Marsolet, because he died young. If Étienne Brûlé had collaborated with the religious when he was young, would his martyrdom have placed him on an equal footing as the Canadian martyrs?

There remains Nicolas du Vigneau whom Champlain called the “most impudent liar that he himself had not seen for a long time.” The historian Marcel Trudel puts forward the idea that du Vigneau had not lied and that Champlain had been the dupe of the Amerindians! Interesting!

It must be recognized that these first “coureurs de bois” are among the people who have forged our identity, our cultural and social character. They deserve to be regarded as great men in our history. In later times they will be replaced by other “coureurs de bois”, voyageurs, explorers, “engageurs” and “engagés”.

We are the descendants of two of these men: Nicolas Marsolet and Jacques Hertel. We can consider François Marguerie as an uncle since he is the brother of Marie Marguerie wife of Jacques Hertel.

Next week: Jacques Hertel and Nicolas Marsolet.

 

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