1667: Catherine-Françoise Desnaguez: Accompagnatrice des Filles du Roi: Companion of the Daughters of the King

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The English version follows the French one.
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Peinture par Éléanore Fortescue-Brickdale

1667: À la défense de Catherine-Françoise!

Catherine-Françoise Desnaguez (Desnoyers) est née vers 1620 à Saint- Germain l’Auxerrois, Paris. Elle est la fille de Bonaventure Desnaguez et d’Anne des Gautiers. Bonaventure Desnaguez est ingénieur du roi pour l’artillerie. Le 28 mars 1646, Catherine-Françoise épousa Pierre Petit à Saint-Sulpice. Pierre est le fils de Pierre Petit et de Denise Frichot. En Nouvelle-France, il devient écuyer et seigneur de Neuville. Catherine-Françoise est arrivée en Nouvelle-France pour la première fois en 1647. Pierre et elle sont repassés à quelques reprises en France.

Catherine-Françoise et Pierre sont parents de:

Joseph né le 12 juillet 1647.

Marie née le 30 janvier 1650.

Anne Charlotte née en 1652.

René Jacques né le 16 janvier 1657.

Louis Alexandre né le 6 avril 1660.

Le certificat de mariage du couple spécifie que Catherine-Françoise est domiciliée “en la maison des pauvres orphelines de Saint-Joseph rue St-Dominique à Saint-Germain-des-Prés”. De plus, Marie Delpesche Delestang supérieure de la maison stipule pour elle. La mariée est assistée de ses frères et soeur, Anne, Antoine et Gaston, et “de plusieurs notables”.

J’ai choisi de parler au sujet de cette femme, car elle assuma un rôle tout à fait spécial dans l’histoire des débuts de la Nouvelle-France, celui d’accompagnatrice des Filles du roi en 1667.

Sylvio Dumas dans son livre Les Filles du roi en Nouvelle-France, (SHQ, no 24, Québec, 1972, p. 33) nous décrit les caractéristiques désirées des femmes accompagnatrices: “On confiait la direction de chaque contingent à une femme de France ou de la colonie bien recommandée et capable de maintenir ses protégées sous une discipline rigoureuse pendant une traversée de deux mois dans des vaisseaux peu confortables où elles étaient en contact avec divers passagers : matelots, engagés, soldats, etc.” Le contingent de 1667 comprenait près de cent filles et jeunes femmes, être directrice de ce groupe pouvait être tout un défi.

L’intendant Talon voulait attirer des “demoiselles” en Nouvelle-France et il semblerait que Catherine-Françoise Desnaguets a été choisie, en partie parce qu’elle est d’origine parisienne et qu’elle a ses entrées à la Cour! Nous savons à cause de son certificat de mariage qu’elle connaît la supérieure, Marie Delpesche Delestang, de la maison des pauvres orphelines de Saint-Joseph, à Saint-Germain-des-Prés et elle connaît plusieurs notables. Est-ce là son entrée? Selon Yves Landry, les “demoiselles” sont des filles de naissance, ou plutôt des filles de notables, celles dont le père est noble ou bourgeois, marchand, officier militaire, ou haut fonctionnaire. On retrouve dans les orphelinats certaines demoiselles, orphelines de père, de mère ou des deux.

Les Filles du Roi, voyageaient en groupe, accompagnées par des femmes, destinées à être responsables des filles, pendant tout le trajet. Certaines de ces directrices du groupe étaient des religieuses. En 1667, Catherine-Françoise Desnaguets est la personne attitrée comme  la dirigeante du contingent. Il y a près de cent filles et femmes. Bien entendu, il y a une vingtaine de “demoiselles” dans le groupe. Le voyage se fait de Paris à Dieppe et ensuite, en navire de Dieppe à la Nouvelle-France.

Il semblerait que l’accompagnatrice attitrée et certaines demoiselles auraient quitté Paris, le 2 juin 1667.

Or, le 17 juin 1667, un vendredi après-midi, devant Antoine Le Maréchal, notaire royal de Dieppe et de Jacques Le Doyen une requête est faite contre la superviseure. Selon les renseignements révélés dans la revendication nous apprenons que Catherine-Françoise est présente à Dieppe. De plus, elle a l’ordre de Sa Majesté de conduire cent filles pour passer avec elle, en Nouvelle-France “audit pays du Canada”. Les plaignantes attestent que depuis quelles sont parties de la ville de Paris, il y a quinze jours pour venir à Dieppe qu’elles ont été nourries, entretenues et hébergées durant le voyage, jusqu’au jour de leur arrivée à Dieppe qui fut le jour du Saint-Sacrement. Ce voyage a été fait aux frais, “de ladite damoiselle Desnoyers (Desnaguets)” et elle a fourni tout ce qui leur a été nécessaire. Les vingt plaignantes affirment avoir eu des engagements du roi par l’intermédiaire de leur accompagnatrice.

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Port de Dieppe

Les demoiselles se plaignent du mauvais accueil qu’on leur a fait à Dieppe, en attendant de prendre les bateaux. Il semblerait que le jour de leur arrivée, elles ont demandé de quoi subsister au commis des Messieurs de la Compagnie dudit lieu du Canada. Les plaideuses ont dit qu’on leur avait refusé de quoi manger mais on aurait donné ordre à une hôtesse de leur fournir les choses à elles nécessaires, non pas ce qu’elles disent leur avoir été accordé par Sa Majesté “ce que ladite dam(oiselle) des Naguets” leur aurait fait entendre en partant de Paris pour faire le voyage.

Elles ajoutent qu’il y a quelques personnes mal intentionnées à la commission donnée par Sa Majesté. (La reine) Elles accusent leur dirigeante d’empêcher leur embarquement, les privant de faire le voyage. De plus, il semble que la gouvernante s’empare de leurs hardes!

Il faut se rappeler que ces accusations ne sont pas prouvées! Il n’y a aucun document qui dit que Catherine-Françoise Desnaguets est coupable et qu’elle a reçu une sentence ou qu’elle a été punie à cause de ces accusations.

Les demoiselles disent que Catherine-Françoise Desnaguez s’est bien occupée d’elles durant le trajet Paris-Dieppe pendant quinze jours. Le problème semblerait que la dirigeante ait fait des promesses qui ne sont pas gardées ou honorées par les “Messieurs de la Compagnie dudit lieu du Canada”. En vérifiant les histoires concernant les promesses faites à nos ancêtres lors de leur migration en Nouvelle-France, il est facile de constater que cette problématique n’est pas nouvelle. Ce genre de manigances existaient depuis longtemps et aussi loin que lors du départ de Louis Hébert et de Marie Rollet en 1617, (50 ans plus tôt). Plusieurs de nos ancêtres se sont vus refuser des promesses faites et non gardées.

Les demoiselles et les autres filles sont souvent hébergées dans des couvents (Dieppe) ce qui me pousse à demander si Catherine-Françoise Desnaguets avait vraiment un mot à dire quant aux soins et hébergement afin que les filles et femmes reçoivent le nécessaire? Devons-nous la blâmer ou bien placer les reproches sur les “Messieurs de la Compagnie dudit lieu du Canada” qui sont les vrais responsables de ce voyage et qui semblent vouloir dissimuler la responsabilité entière sur une subordonnée?

Elles accusent Catherine-Françoise Desnaguets d’empêcher leur embarquement. Il semblerait que seulement 14 des vingt-et-une filles qui avaient protesté sont arrivées en Nouvelle-France. Est-ce qu’il y avait des raisons légitimes d’empêcher leur embarquement? (Certaines sont peut-être mortes lors du voyage). Était-ce que l,accompagnatrice était la seule responsable de cette décision? Encore une fois et je me répète quel était le rôle et les responsabilités des messieurs dans cette affaire?

La dernière accusation est que Catherine-Françoise leur a friponné la moitié de leurs hardes. Le capitaine est responsable du bateau. Il est évident lorsque l’on étudie les modalités de l’embarquement des navires que les passagers peuvent apporter seulement le strict nécessaire. Lorsque l’on procède au chargement des marchandises, des opérations ont lieu dans les jours précédant le départ et elles répondent à des règles précises. Est-ce que certaines demoiselles avaient trop de bagages et la responsable du groupe devait confisquer le surplus? Quant aux voyageurs, les commodités dépendent de leurs rangs. Les officiers et les personnages de marque profitent de plus d’espace et d’un lit peu confortable. Quant aux autres passagers, habituellement, ils et elles s’entassent dans un entrepont à l’arrière du voilier. Même si elles pensaient posséder un rang, il est évident que les demoiselles ne pouvaient jouir des conforts égaux aux personnages de marque car elles n’avaient pas d’argent.

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Nous ne connaissons pas la date exacte du départ. Il semblerait que les voyageurs ont quitté Dieppe aux alentours du 19 juin 1667 sur le Saint-Louis et ils sont arrivés en Nouvelle-France, le 25 septembre, 1667.

Le 27 octobre 1667, l’intendant Talon envoie une lettre au ministre Colbert. Talon qui contredit les demoiselles en affirmant : « les Demoiselles qui sont venues de France cette année se louent fort du traitement qu’elles ont reçu des Messieurs de la Compagnie à Rouen, (Compagnie des Indes occidentales) à Dieppe et en rade, mais elles m’ont fait de grandes plaintes de celui qu’elles ont reçus sur mer et elles m’ont assuré que du moment qu’elles ont été sous la voile, elles n’ont reconnu ni honnêteté ni humanité, dans les officiers de leur bord, qui les ont beaucoup fait souffrir de la faim, ne leur donnant qu’un léger repas le matin, et le soir pour souper un bien peu de biscuit sans aucune suite ». Talon suggère qu’un conducteur sage et autorisé accompagne les demoiselles de qualité l’année suivante.

Est-ce que Talon a raison ou tente-t-il de présenter une réalité différente? Il est évident que les demoiselles se sont plaints à différents moments des conditions du voyage. Il faut préciser que les passagers qui en avaient la possibilité apportaient avec eux leurs provisions et préparaient eux-mêmes leurs repas. Les Filles du roi devaient se fier à la cuisine du bord préparée par les mousses. Lors des traversées en mer, l’aliment premier est le biscuit qui est un pain cuit deux fois pour le durcir.

Le voyage de Paris à la Nouvelle-France n’était pas facile pour nos ancêtres. Un groupe de jeunes femmes se sont plaint des réalités propres à elles. On accuse Catherine-Françoise d’être la responsable des malheurs cependant, il faudrait peut-être prendre en considération qu’elle était la subordonnée et qu’elle devait composer avec peu de ressources. C’est une circonstance malheureuse que de se faire accuser mais cela n’enlève en rien les qualités que possédaient Catherine-Françoise pour être choisie dans ce poste d’accompagnatrice du contingent de 1667.

Une chose est certaine c’est que Talon souligne qu’il tente d’amoindrir leur chagrin et il veut les détourner de leur projet d’écrire à leurs correspondants racontant les mauvais traitements subis, ce qui pourrait contrecarrer le prochain envoi de demoiselles. Il ne semble pas préciser que l’on devrait peut-être effectuer des changements en ce qui a trait aux comportements des commis de la compagnie des Indes occidentales.

Il semblerait que ceci est le seul voyage fait par Catherine-Françoise Desnaguez (Desnoyers) en tant qu’accompagnatrice. Le voyage allé-retour en France pouvait durer six mois donc, il aurait été difficile pour une mère de famille de répéter cette aventure à plusieurs reprises.

Catherine-Françoise est décédée entre le 16 juin 1669 et le recensement de 1681.

Selon le Journal des Jésuites, Jean Talon, dans une lettre du 27 octobre 1667, aurait écrit au ministre Colbert, l’informant que 84 filles seraient venues de Dieppe et 25 de Larochelle pour un total de 109. Le chercheur Yves Landry a repéré 63 filles venues de Dieppe. Elles sont les femmes énumérées ci-dessous:

Catherine-Françoise a accompagné les 63 femmes suivantes dont huit sont mes ancêtres. (caractère gras)

No nom No Nom
1 Ballié Catherine 33 Larchevêque Françoise
2 Banse Françoise 34 Lasnon Marie
3 Baron Barbe 35 Lebrun Marie
4 Basset Catherine 36 Lemaître Gabrielle
5 Belleau Catherine 37 Lepage Marie-Rogère
6 Billot Lucrèce 38 Lequin Élizabeth
7 Blanchard Marie 39 Levaigneur Marguerite
8 Boisandré Jeanne-Claude 40 Levasseur Jeanne
9 Bonnefoy dite Ste-Foy Marguerite 41 Limoges Marie
10 Bouchard Louise 42 Lostelneau Catherine
11 Bouet Marie 43 Michel Marie
12 Bourgeois Catherine 44 Nevelet Marguerite
13 Bourgeois Marie 45 Niel Madeleine
14 Burel Jeanne 46 Olivier Madeleine
15 Carcireux Sylvine+ 47 Pasquier Marguerite
16 Charmesnil Mesnil Françoise (de) 48 Paviot Marie
17 Charton Jeanne 49 Piéton Françoise
18 Chevalier Françoise 50 Plouard M.-Madeleine
19 Déchard Dexard Jeanne 51 Portas Marie Angélique
20 Devault Marie 52 Quelquejeu Marie
21 Dumortier dite De Leur Madeleine 53 Relot Catherine
22 Durand Suzanne 54 Renaud Marguerite
23 Éloy Marguerite 55 Rigaud Geneviève
24 Firman Marie-Anne 56 Sageot Geneviève
25 Grangeon Marie Madeleine 57 Sel Marie
26 Hébert Françoise 58 Sénécal, Louise
27 Hubert Elizabeth 59 Topsan Catherine
28 Hué Marie 60 Turbar Ursule Madeleine
29 Itas Marguerite 61 Varin Marie
30 Jourdain Marguerite 62 Vassal Françoise
31 Laîné Geneviève 63 Vieillot Catherine
32 Langlois Marie

Noms des filles et femmes qui sont mes ancêtres dans les familles suivantes:

Bérubé Fréchette Marion Fortin
Jeanne Burel Catherine Ballié Marie Blanchard Madeleine Olivier
Marie Sel Françoise Charmesnil Marguerite Jourdain  
Geneviève Rigaud
Catherine-Françoise Desnaguez est une ancêtre de la famille Fréchette.

La semaine prochaine: 1657: René Besnard dit Bourjoli: Un sorcier dans la famille!

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Painting by Eleanore Fortescue-Brickdale

1667: A Defense for Catherine-Françoise!

Catherine-Françoise Desnaguez (Desnoyers) was born around 1620 in Saint-Germain l’Auxerrois, Paris. She is the daughter of Bonaventure Desnaguez and Anne des Gautiers of Paris. Bonaventure Desnaguez is an engineer of the king at the artillery. On March 28, 1646, she married Pierre Petit at Saint-Sulpice in Paris. Pierre is the son of Pierre Petit and Denise Frichot.

In New France, Pierre became squire and seigneur (lord) of Neuville. Catherine-Françoise arrived in New France for the first time in 1647. The couple did return several times to France.

Catherine-Françoise and Pierre are parents of:

Joseph born on July 12, 1647.

Marie born on January 30, 1650.

Anne Charlotte born in 1652.

René Jacques born on January 16, 1657.

Louis Alexandre born on April 6, 1660.

The marriage certificate specifies that Catherine-Françoise is domiciled “in the house of the poor orphans of Saint-Joseph on Saint-Dominique street in Saint-Germain-des-Prés. Marie Delpesche Delestang superior of the house vouches for her. She is assisted by her brothers and sister Anne, Antoine and Gaston, and also by several notables”.

I chose to speak about this woman, because she assumed a very special role in the creation of New France, that of travelling companion of the “Filles du roi” (Daughters of the King).

Sylvio Dumas in his book “ Les Filles du roi en Nouvelle-France” (The Daughters of the King in New France), (SHQ, No. 24, Québec, 1972, p.33) describes the desirable characteristics of the companions: “The direction of each contingent was entrusted to a woman of France or of the colony that was well-recommended, and capable of keeping her protégées under strict discipline during a journey of two months in uncomfortable vessels where these girls would be in contact with various passengers: sailors, “engagés” (indentured people), soldiers, etc.”

Moreover, Talon wanted to attract “demoiselles” (young ladies of a higher class) to New France and it seemed that Catherine-Francoise Desnaguets was chosen because she was Parisian in origin and had her “entrées” (connections) to the Court! We know, because of her marriage certificate, that she knew the superior, Marie Delpesche Delestang, of the convent of the poor orphans of Saint-Joseph, in Saint-Germain-des-Prés and moreover it states that she knows a few notable people.

Is this her connection? According to Yves Landry, the “young ladies” were of notable birth, meaning that they were the daughters of noblemen, bourgeois, merchants, dignitaries, military officers, or high officials. Some of the girls found in the convent were fatherless, motherless or were orphaned by both parents.

The “Daughters of the King” travelled in groups. They were accompanied by women, some being religious, destined to be responsible for the girls. In 1667, Catherine-Élizabeth Desnaguets is the person appointed as a companion of the contingent. The journey takes place from Paris to Dieppe and then on a ship from Dieppe to New France.

It would seem that the companion to the girls and some young ladies left Paris on June 2, 1667.

On June 17, 1667, on a Friday afternoon and before Antoine Le Maréchal, royal notary of Dieppe and Jacques Le Doyen, a petition was filed against Catherine-Françoise Desnoyers. According to information in the request, the accused is present in Dieppe and has the order of Her Majesty to lead one hundred girls and accompany them with to New France “in the said country of Canada”.

The young ladies testify that since they left the city of Paris, fifteen days before to come to Dieppe they were fed, taken care of and lodged until the day of their arrival in Dieppe which was the day of the Blessed Sacrament. This trip was made at the expense of the said Desnoyers (Desnaguets), and that she furnished all that was necessary to them. Therefore, the hundred girls and women had commitments from the king through Catherine-Françoise Desnoyers (Desnaguets), the woman who accompanies them.

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Port of Dieppe

However, about twenty of them complain of the bad reception they received in Dieppe, when waiting to take the boats. It would seem that on the day they arrived they had requested food from the “Messieurs de la Compagnie dudit Canada” (Men of the Company of Canada). The complainants said that they had been denied food, but that the company had ordered a hostess to provide them with the necessary things, which the girls stated that was not what they should have been granted to them by Her Majesty. And they state that this is what Desnaguets would have had them believe, when they left Paris.

The girls add that there are some ill-intentioned persons in the commission given by Her Majesty. (The Queen) They accuse Desnaguets of preventing their embarkation and depriving them of making the journey. Moreover, it seems that the governess is taking their “hardes” (clothes).

It must be remembered that these accusations are not proven! There is no document that says that Catherine-Françoise Desnaguets is guilty and that she was sentenced, disciplined or punished for these charges.

So the ladies state that Catherine-Françoise Desnaguez took good care of them during the Paris-Dieppe trip during 15 days. It seems that Catherine-Francoise made promises to the girls that were not kept by the “Messieurs de la Compagnie dudit lieu du Canada” (the men who were in charge of the Company of Canada). By verifying stories about the promises made to our ancestors who migrated to New France, we promptly realize that this is not a new problem and that tactics to contradict the promises made did exist for a long time and, as far back as the departure of Louis Hébert and Marie Rollet in 1617 (50 years earlier). Many of our ancestors who travelled to the New World were refused promises that had been made. The “damsels” and other girls were often housed in convents (Dieppe) therefore did Catherine-Élizabeth Desnaguets really have a say in their care and accommodation so that they would receive what is necessary for comfort? Should we blame Catherine-Élizabeth or should we reproach the behaviour of the “gentlemen of the Company of Canada” who are the true decision makers who seem to dissimulate the blame onto a subordinate.

The girls accuse their supervisor of preventing their embarkation. It would seem that only 14 of the twenty-one girls who had protested in Dieppe made it to New France. Were there any legitimate reasons for preventing their boarding? (Some of the girls may have died on route) Was Catherine-Françoise solely responsible for this decision? Again, what was the role of the gentlemen of the company in this matter?

The last charge is that she had ruffled half of their “hardes” (clothes and belongings). The captain of the ship is responsible for the vessel. It is obvious when one considers the modalities of embarkation on ships that the passengers could bring only the bare necessities. When the goods are loaded, operations take place in the days prior to departure and they comply with specific rules.

Did the ladies have too much baggage and Catherine-Françoise had the responsibility to confiscate the surplus? As for all travelers, the commodities that they can bring depends on their ranks and money. Officers, religious and the higher class enjoy more space and a bed, that is almost comfortable. As for the other passengers, they were packed together into a closed area at the stern of the ship. Even though they thought they had a rank, it was obvious that the girls could not enjoy equal comforts as the upper class since they had no money to pay for it.

We do not know the exact date of departure. We think that the travelers left Dieppe around June 19, 1667 on a ship named the Saint-Louis and they arrived on September 25, 1667.

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On October 27, 1667, the intendant Talon sent a letter to Minister Colbert. Talon contradicted the young ladies by asserting: “The young ladies who came from France this year are very much indebted to the treatment they received from the gentlemen of the Company at Rouen (West India Company) at Dieppe and in the harbor, but they made major complaints regarding the way they were treated once the ship sailed stating that there was no honesty, nor humanity from the officers on board and that the officers made them suffer from hunger giving them only a light meal in the morning and a small biscuit for supper without anything else”. Talon suggests that a wise and authoritative conductor accompany the “damsels of quality” the following year.

Is Talon right or is he trying to present a different reality? It is evident that the ladies complained at different times about the conditions of the journey. It should be noted that the passengers who had the means of bringing their own provisions and preparing their own meals on the ship were allowed to do so.

The Daughters of the King had to rely on the food prepared by the apprentice sailors. During crossings at sea, the main food was the biscuit which is a bread cooked twice to harden it.

The journey from Paris to New France was not easy for our ancestors. A group of young women complained about the realities of their lives. Catherine-Françoise is accused of being responsible for the misfortunes, however, it may be necessary to take into consideration that she was the subordinate and that she had to deal with fewer resources.

It is an unfortunate circumstance to be accused, but this in no way detracts from the qualities that Catherine-Francoise possessed to be chosen in this position of accompanying the contingent of 1667.

One thing is certain, Talon points out that he is trying to lessen their grief and divert them from their plans to write to their correspondents the ill-treatment they have suffered, which might thwart the next sending of young ladies.

It would seem that this is the only trip made by Catherine-Françoise Desnaguez (Desnoyers) as an accompanying person to the Daughters of the King. The trip back and forth to France could last six months, so it would have been difficult for a mother to repeat this adventure on several occasions.

Catherine-Françoise died between 16 June 1669 and the census of 1681.

According to the “Journal des Jésuites”, Jean Talon, in a letter dated October 27, 1667, had written to Colbert, informing him that 84 girls had come from Dieppe and 25 from La Rochelle for a total of 109. The researcher Yves Landry has identified 63 of the girls from Dieppe.  See list below:

Catherine-Françoise was a companion to the 63 women including eight of my ancestors. (in bold)

No Name No Name
1 Ballié Catherine 33 Larchevêque Françoise
2 Banse Françoise 34 Lasnon Marie
3 Baron Barbe 35 Lebrun Marie
4 Basset Catherine 36 Lemaître Gabrielle
5 Belleau Catherine 37 Lepage Marie-Rogère
6 Billot Lucrèce 38 Lequin Élizabeth
7 Blanchard Marie 39 Levaigneur Marguerite
8 Boisandré Jeanne-Claude 40 Levasseur Jeanne
9 Bonnefoy dite Ste-Foy Marguerite 41 Limoges Marie
10 Bouchard Louise 42 Lostelneau Catherine
11 Bouet Marie 43 Michel Marie
12 Bourgeois Catherine 44 Nevelet Marguerite
13 Bourgeois Marie 45 Niel Madeleine
14 Burel Jeanne 46 Olivier Madeleine
15 Carcireux Sylvine+ 47 Pasquier Marguerite
16 Charmesnil Mesnil Françoise (de) 48 Paviot Marie
17 Charton Jeanne 49 Piéton Françoise
18 Chevalier Françoise 50 Plouard M.-Madeleine
19 Déchard Dexard Jeanne 51 Portas Marie Angélique
20 Devault Marie 52 Quelquejeu Marie
21 Dumortier dite De Leur Madeleine 53 Relot Catherine
22 Durand Suzanne 54 Renaud Marguerite
23 Éloy Marguerite 55 Rigaud Geneviève
24 Firman Marie-Anne 56 Sageot Geneviève
25 Grangeon Marie Madeleine 57 Sel Marie
26 Hébert Françoise 58 Sénécal, Louise
27 Hubert Elizabeth 59 Topsan Catherine
28 Hué Marie 60 Turbar Ursule Madeleine
29 Itas Marguerite 61 Varin Marie
30 Jourdain Marguerite 62 Vassal Françoise
31 Laîné Geneviève 63 Vieillot Catherine
32 Langlois Marie

Name of the girls and women who are my ancestors in the following families:

Bérubé Fréchette Marion Fortin
Jeanne Burel Catherine Ballié Marie Blanchard Madeleine Olivier
Marie Sel Françoise Charmesnil Marguerite Jourdain  
Geneviève Rigaud

Catherine Françoise Desnaguez is an ancestor on the Fréchette side of my family.

Next week: 1657: René Besnard dit Bourjoli:  A Sorcerer in the Family

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One thought on “1667: Catherine-Françoise Desnaguez: Accompagnatrice des Filles du Roi: Companion of the Daughters of the King

  1. Pingback: Le visage des Filles du roi. The Faces of the Daughters of the King. | Robert Bérubé généalogie et autres histoires

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