1699: Elle a donné sa vie… Marie Madeleine Mathon (Matou) dit Labrie : She gave her life…

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The English version follows the French one.

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Lorsque j’effectue des recherches généalogiques, je suis souvent surpris par certains événements qui ont façonné la vie de mes ancêtres. C’est peut-être la raison primordiale pour laquelle j’aime raconter leurs histoires. À certains moments cependant, je suis complètement abasourdi par la force des événements et des circonstances et je deviens émotif en découvrant certains documents qui les touchent. Lorsque j’ai découvert un document dans le registre de décès concernant mon ancêtre Madeleine Mathon (Matou) dit Labrie, je suis demeuré estomaqué par la force des malheurs qui ont touché la vie et surtout la mort de cette ancêtre. Donc, je vous en parle. Cependant, avant de décrire son décès, je vous retrace sa vie.

Marie Madeleine Mathon (Matou) dit Labrie est née le 4 juillet, 1665 et elle a été baptisée le lendemain à Québec. Marie est la fille des pionniers Philippe Mathon et Marguerite Doucinet. Le père Philippe Mathon est né le 5 juin à Grisy-sur-Seine, en France. Il est arrivé en Nouvelle-France en 1662. Le 28 décembre 1662, il épousa Marguerite Doucinet à Québec. Marguerite est née le 14 février 1641, à La Rochelle. Marguerite et la famille Doucinet sont calvinistes. Elle arrive en Nouvelle-France en 1662 donc, on la qualifie de « Fille à marier. » Je ne sais quand Marguerite s’est convertie au catholicisme, mais elle l’a fait avant son mariage. La pratique de conversion était courante pour les calvinistes qui venaient s’établir en Nouvelle-France. Ils et elles n’avaient pas le choix.

Le 5 octobre 1682, Marie Madeleine Mathon a épousé Jean Haudecoeur, fils de Jean Haudecoeur et de Marie Boursier à l’église Notre-Dame de Montréal. Devenue veuve, Marie Madeleine épousa notre ancêtre René Deniau, le 27 octobre 1692, à Boucherville.

René Deniau est le fils d’un pionnier “Montréaliste” de la Grande Recrue, Jean Deniau et de son épouse Hélène Daudin. Il a été baptisé le 18 janvier 1665, à Montréal. Son père Jean Deniau est né vers 1639 à Ste Croix de Nantes en Bretagne. Scieur de long, Jean est arrivé en Nouvelle-France, le 16 novembre, 1653 à Montréal. Le 21 janvier 1664, Jean épousa Hélène Daudin à Montréal. Hélène est née le 25 septembre 1643 à La Rochelle et elle a été baptisée au Temple, le 20 novembre 1643. Hélène et sa famille sont aussi protestants. Il semblerait qu’Hélène est arrivée en Nouvelle-France en 1663, avec son père. Certains historiens la qualifient de « Fille du roi », d’autres non, donc, elle pourrait être considérée comme une « Fille à marier ». Elle s’est convertie au catholicisme avant son mariage à l’église catholique mais je n’ai pas été capable de déterminer la date. Les deux mères du couple Mathon-Deniau avaient été calvinistes.

La famille Mathon-Haudecoeur s’est établie à Boucherville où Jean a acquéri la propriété de Pierre Goislard . Selon Sylvain Daignault dans son document: De Haudecoeur à Daignault, L’oubli d’un nom: “Treize ou quatorze arpents sont défrichés comprenant une maison de pieux en coulisse et un hangar et le bois équarri sur place pour la construc­tion de la grange. Il acquiert aussi l’emplacement dans le bourg d’un quart d’arpent de front sur deux de pro­fondeur. . . La vente se conclut pour la somme de 1100 livres, soit 832 payables en castor et 288 en or.”

À Boucherville, Marie Madeleine donna naissance à quatre enfants :

Marie née le 2 juillet 1685.
Pierre Louis né le 13 septembre 1686.
Noël né le 26 mai 1688.
Marie Jeanne née le 25 août 1689.

Le 20 janvier 1688, le père de Madeleine, Philippe Mathon décède à Montréal.

Le 13 mai 1688, René Deniau est engagé pour aller dans l’ouest dans un voyage aux 8ta8ats (Outaouais). René et trois frères sont partis dans les Pays-d’en-Haut entre 1685 et 1694. Il faut croire que le commerce des engagés et des voyageurs était lucratif.

Un marchand de Montréal du nom de François Poignet (dit Beauregard) est assassiné le 23 janvier, 1690 dans sa maison. Sa sépulture est le 26 janvier, 1690. L’accusé est Jean Haudecoeur. Il est condamné à mort par le Conseil souverain pour le meurtre et certains affirment qu’il a été exécuté entre le 27 mai 1690 et le 9 avril 1691 à Québec. Haudecoeur demande un appel de la sentence et le 27 mai 1690, le Conseil souverain, modifia sa sentence :

« A ESTÉ RETENU que le dit HautdeCoeur sera seulement Estranglé auparavant de recevoir aucun coup Et qu apres auoir demeuré vingt quatre heures sur la Roüe Il sera aussy secrettement Enterré ».

La sentence est rendue à Québec, car il n’y avait pas de bourreau à Montréal. En ce qui concerne son décès j’ai trouvé le suivant dans: « Jugements et délibérations : le 27 mai 1690 » 

« L an 16 quatre vingt dix le dit jour vingt septiéme May l arrest cy dessus a Esté prononcé audit HaudeCoeur par moy Greffier en chef au Conseil Souuerain soussigné Ez prisons de cette ville où je me suis Expres transporté auec Monsieur de Villeray Con Rapporteur Et apres que le sacrement de Confession a lEsté administré au dit llaude oeur par le pere Vaillant prestre de la Compagnie de Jesus lceluy lIaudeCoeur a esté mis sur les sept heures apres midy Entre les mains de Jean Rattier Executeur de la haute Justice qui al Instant l a conduit En la place du marché de la basseville de Quebec Et Executé le dit arrest selon sa forme Et teneur En presence de mon dit sieur le Raporteur Et de Monsieur le Proeureur.» 

Donc, Haudecoeur est exécuté le 27 mai, 1690.

La propriété de Jean Haudecoeur est mise aux enchères et achetée par un certain Pierre Sauchet. Donc, Madeleine et ses enfants doivent quitter. Il est difficile de savoir ce qui est arrivé à Madeleine et à ses enfants suite à ce crime et au châtiment de Haudecoeur pendant la période de son veuvage.

Cependant, nous savons que c’est à Boucherville que Madeleine épousa René Deniau, le 27 octobre, 1692.

À la famille s’ajoutent deux enfants nés à Boucherville.

Nicolas Deniau né le 14 septembre, 1693. Il est décédé neuf mois plus tard à Boucherville.
Ursule Deniau née le 14 décembre 1694 à Boucherville.

Encore une fois, un bouleversement frappe cette famille. Le 12 août 1695, les parents de René, Jean Deniau et Hélène Daudin sont assassinés par des Iroquois. Le registre de la paroisse indique le suivant : «  sont décédés…sans avoir pu recevoir aucun sacrément, (sic) ayant été tués par les Iroquois, nos ennemis, Jean Denyau et Hélène Daudin son épouse, habitants du Tramblot (Seigneurie du Tremblay)  » 

Est-ce ceci la raison pour laquelle la famille est déménagée? Car Jean-Baptiste Deniau est né le 24 juin 1697, à Montréal. Il semblerait aussi que la mère de Madeleine est aussi allé vivre à Montréal car, Marguerite Doucinet y décède, le 15 septembre 1698.

Cependant, pour cette famille, la fatalité devient encore plus grande.

Le 14 juillet 1699, à Lachine, Madeleine donne naissance à un enfant mort et par la suite, elle décède, elle aussi. Elle vient de célébrer ses 34 ans. Ses enfants Haudecoeur sont jeunes: Marie a 14 ans, Pierre-Louis 12 ans, Noël 11 ans, Marie Jeanne 10 ans et ses enfants Deniau: Ursule a 4 ans et mon ancêtre Jean-Baptiste a 2 ans.

C’est en vérifiant le certificat de décès que j’ai découvert une réalité de ce temps hors de l’ordinaire aujourd’hui et je partage une transcription du document:

Registre de Lachine le 15 juillet 1799 : Document 1

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Transcription :La femme Matou dit Labrie
Aujourd’hui quinzième juillet mil sept cent quatre vingt dix neuf a esté inhumé dans le cimetière de cette église le corps de défunte madeleine labrie Matou laquelle a mourru la nuit du dit jour de mal d’enfant. Son enfant mort né fut baptisé à la main qu’il présent(e) et à cause de la corruption son corps que la mère mis dehors avant que de mourir a été mis en dépot par mon ordre moi portant en terre au pied d’une souche devant la maison– a ce qu’il sois pourri et consommé et que l’on puisse mettre ses os avec le corps de la mère cette inhumation a été faite en la présence des –Portier et Cuillerier qui ont signé avec moi et de plusieurs autres.

Le Père Rémy avait la tendance d’inclure toutes sortes de détails dans ses rédactions de documents ce qui fait que nous obtenons autant de renseignements. Ses entrées dans les dossiers de Lachine sont des plus intéressantes à cause du degré d’informations partagées.

Cependant, je ne comprenais pas tout à fait ce qui était arrivé. Madame Suzanne Boivin-Sommerville * me partagea d’autres documents en ce qui concerne le décès de Madeleine et de son enfant. Les prêtres avaient la responsabilité de compléter deux registres, un civil et l’autre religieux. Souvent, les deux documents donnent des renseignements différents ou additionnels.Le document suivant nous donne de plus amples renseignements:

Registre de Lachine le 15 juillet 1799 : Document 2a-2b

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Transcription: Magdelenne Mattou
Aujourd’hui quinzième juillet mil sept cent quatre vingt dix neuf a esté inhumé dans le cimetière de cette église le corps de défunte magdeleine Matou dit Labrie laquelle a mourru la nuit du dit jour de mal d’enfant. Son enfant mort né fut baptisé à la main qu’il présenta par une sage femme et par mon ordre le corps de cet enfant putrifié ne pouvant pas être porté au cimetière à cause de la trop grande puanteur qu’il échappait fut mis en dépot au pied d’une souche devant la maison ou la défunte est décédée jusqu’à ce que les chaires soient consommé et pourris et que l’on puisse transporter ses os et les ensevelir dans le tombeau de la mère cette inhumation a été faite en la présence des Maissir Jean-Baptiste Portier, notaire royal de Montréal du sieur Jean Cuillerier marchand qui ont signé du mari et de ses parents et amis qui ont déclaré ne savoir signer de ce enquis.

À ceci s’ajoutent deux autres documents : le premier étant la version civile, sans les signatures et la deuxième la version religieuse. Chose étrange les os de l’enfant ont seulement été enterrés en 1703. Les renseignements sont inscrits avec ceux d’une enfant d’une autre famille, Marie Joseph Brau.

Registre de Lachine le 5 janvier 1703 : Document 3

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Transcription:
“Et les jours et an que dessus (le 5 janvier 1703) a été inhumé dans le cimetière de cette église le corps de Marie Joseph Brau agés de dix neuf mois laquelle mourut de la picotte le troisième jour des dis mois et an. Dans la même fosse ont été mis les os de l’enfant mort né de deffunte Magdeleine Labrie qui mourrut en suitte le 14 juillet 1699 et fut enterré le lendemain cet enfant ayant été ondoyé à la main par la sage femme et était corrompu dans le ventre de la mère je le fis mettre en dépost en terre au pied d’une souche pour y laisser pourrir les chaires d’ou j’en ai fait lever les os que nous avons fait mettre dans la dite fosse. Ces inhumations ont été faites en la présence des sieurs Cuillerier et d’Aoust”

Registre de Lachine le 5 janvier 1703 : Document 4

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Transcription:
Et les jours et an que dessus (le 5 janvier 1703) a été inhumé dans le cimetière de cette église le corps de Marie Joseph Brau agés de dix neuf mois laquelle mourut de la picotte le troisième jour des dis mois et an. Dans la même fosse ont été mis les os de l’enfant mort né de René Deniau et de deffunte Magdeleine Labrie sa femme qui mourrut en suitte le 14 juillet 1699 fut ondoyé par Barbe Duschene sage-femme à la main qu’il passa et étant corrompu fut mis en dépot en terre au pied d’une souche pour y laisser pourrir dont moi curé ay fait lever les os par le bedeau le 2e des dit jours et mois que de sus (ci-haut) que nous avons fait ensevelir et mettre dans la fosse.cees inhumations ont été faites en la présence des sieurs Cuillerier et d’Aoust qui ont signé

En reconstituant les faits à partir de tous les documents le suivant devient évident: le 15 juillet 1799, Madeleine Mathon (Matou) dit Labrie est enterrée dans le cimetière de Lachine. Elle est décédée durant la nuit précédente, le 14 juillet 1699 en donnant naissance à un enfant mort. Le père de l’enfant est René Deniau. Il est fort probable qu’elle a beaucoup souffert car le corps de l’enfant est déformé, putrifié et corrompu donc, le fétu est mort et était décomposé dans le ventre de sa mère depuis quelque temps. L’enfant a été baptisé par la sage-femme Barbe Duschene sur une main (et non sur la tête) preuve de la décomposition du cadavre. La dépouille de l’enfant a été enterrée dehors selon l’ordre du curé, au pied d’une souche, devant la maison à cause de la trop grande puanteur. L’inhumation a été faite en présence de Jean Baptiste Portier notaire royal de Montréal et de Jean Cuillerier, marchand, de l’époux de ses parents et amis.

Le 5 janvier 1703, les os de l’enfant mort-né qui avaient été prélevés par le bedeau le 2 janvier 1703, en présence de Cuillerier et Daoust et ont été placés dans la fosse de Marie Joseph Brau.

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Le nom de la sage-femme apparaît seulement sur le rapport civil. En ce qui concerne le fait d’enterrer les os. Il fait très chaud le 15 juillet. À ce temps, il y avait aussi des fièvres qui causaient la mort. De plus, il y a une tradition dans l’église catholique de permettre à la dépouille mortelle de tomber en pourriture et d’enterrer seulement les os à une date ultérieure. C’était aussi une pratique chez les Amérindiens.

La description du décès de l’enfant, et de la mère pourraient être qualifiée de très morbide cependant, la réalité à ce temps était dure et très différente d’aujourd’hui en ce qui concerne la naissance des enfants et le décès de jeunes mères lorsqu’elles accouchaient de bébés. On pourrait aussi ajouter que les mécanismes de protection concernant la mort et la vie sont différents aujourd’hui. La fécondité des mères, la naissance de bébés et la survivance de ceux-ci a été une des plus grandes contributions faites par les femmes à notre histoire et à notre société! Plusieurs jeunes femmes ont souffert et ont donné leur vie! J’aimerais bien que notre histoire reconnaisse les mères de notre passé qui sont décédées en donnant naissance.

Suite au décès de son épouse, René Deniau avait la responsabilité de plusieurs enfants. Vers 1705, nous retrouvons René Deniau à Détroit dans les Pays d’en Haut. Il épousa une Amérindienne du nom d’Anastasie, une Illinoise. Ils sont parents d’une fille Rose, née vers 1705. Il meurt à Détroit le 13 juillet 1730.

La honte de voir son nom associé à celui d’un meurtrier a probablement été la cause pour laquelle les enfants Hautdecoeur ont assumé le nom de Daigneau (Deniau) dans leurs contrats de mariage et autres documents. De plus, plusieurs descendants de René Deniau et de Marie Madeleine Mathon (Matou) dit Labrie portent le nom de Daigneault.

Le fils de Madeleine et de René, notre ancêtre Jean-Baptiste Deniau (Daignault) a épousé notre ancêtre Marie Primeau, fille de François Primeau et de Marie-Madeleine Deneau, le 27 novembre 1704. En deuxième noces, il épousa Catherine Ruffiange dite Laviolette, veuve de Simon Couillard, à Châteauguay.

Notre lien de descendance est le suivant:

Marie Madeleine Mathon (1665 – 1699)
Jean Baptiste Deniau (1697 – 1748)
Marie-Françoise Deniau (1729 – 1790)
Appoline Daragon (1758 – 1812)
Jacques 2 Blain (1787 – 1848)
Antoine Blain (1817 – 1876)
Marguerite Blain (1857 – 1925)
Alexandre (fils) Bérubé (1882 – 1969)
Eugène Bérubé (1926 – 1992)
Robert Bérubé

*Un merci tout à fait spécial à madame Suzanne Boivin-Sommerville du Michigan, USA qui m’a aidé à comprendre et interpréter certaines transcriptions et aussi, elle a partagé des documents additionnels qui figurent dans le texte. Madame Suzanne Boivin-Sommerville et madame Diane Sheppard ainsi que leurs collègues de la ” French Canadian Heritage Society of Michigan” sont à l’avant garde de la recherche en ce qui concerne le “Pays-d’en-Haut” et aussi en ce qui a trait à nos ancêtres de la Nouvelle-France. Vous trouverez beaucoup de renseignements au: https://www.facebook.com/groups/109717099063919/

La semaine prochaine: 1653: La Grande Recrue de Montréal

1699: Marie Madeleine Mathon (Matou) dit Labrie: She gave her life…

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When I do genealogical research, I am often surprised by certain events which shaped the lives of my ancestors. It is the essential reason for which I like telling their stories. At times, however, I am completely bewildered by the magnitude of the events and the circumstances and I become emotional when discovering certain documents about them. When I found documents in the registers of Lachine concerning my ancestor Madeleine Mathon (Matou) dit Labrie, I remained dumbfounded by the magnitude of the incidents which affected the life and especially the death of this ancestor. Thus, I speak to you about it. However, before describing her death, I will share aspects of her life.

Madeleine Mathon (Matou) dit Labrie was born July 4, 1665 and she was baptized the next day in Québec. Marie is the daughter of the pioneers Philippe Mathon and Marguerite Doucinet. Her father Philippe Mathon was born on June 5th in Grisy-sur-Seine in France. He arrived in New France in 1662. On December 28, 1662, he married Marguerite Doucinet in Québec. Marguerite was born on February 14, 1641, in La Rochelle. Marguerite and the Doucinet family were Calvinists. She arrived in New France in 1662 thus, we can qualify her has a “Fille à Marier” (A girl to be married). I do not know when Marguerite converted to Catholicism, but she did so, before her marriage. The practice of conversion was common for the Calvinists that came to New France. They did not have a choice but to do so.

On October 5, 1682, Marie Madeleine Mathon married Jean Haudecoeur, son of Jean Haudecoeur and Marie Boursier at Notre-Dame church in Montréal. Becoming a widow, Marie Madeleine married our ancestor René Deniau, on October 27, 1692, in Boucherville.

René Deniau is the son of a Montréal-based pioneer of “The Great Recruitment” Jean Deniau and his wife Hélène Daudin. He was baptized on January 18, 1665, in Montréal. The father, Jean Deniau was born in 1639 in Sainte-Croix de Nantes in Brittany. A “scieur de long” (a sawyer), Jean arrived in New France on November 16, 1653. On January 21, 1664, Jean married Hélène Daudin in Montréal. Hélène was born on September 25 1643, in La Rochelle and was baptized in the Temple on November 20, 1643. Hélène and her family are also Protestant. It seems that Hélène arrived in New France in 1663 with her father. Some historians call her a “Fille du roi” (Daughter of the King), others do not, so she could be considered as a “Fille à marier” ” (A girl to be married). She converted to Catholicism before her marriage in the Catholic Church, but I was not able to determine the specific date. The two mothers of the Mathon-Deniau couple had been Calvinists.

The Mathon-Haudecoeur family established themselves in Boucherville where Jean had acquired Pierre Goislard’s property. According to Sylvain Daignault in his document: “De Haudecoeur à Daignault, L’oubli d’un nom” (Forgetting a Name) “thirteen or fourteen acres are cleared with a house of pickets and it has a shed and squared wood on the spot, for the construction of a barn. He also acquired a space in the village that is a quarter of an acre frontally and two acres in depth. The sale was made for the sum of 1100 livres (pounds), that was payable in the amount of 832 in beaver pelts and 288 in gold.”

In Boucherville, Marie Madeleine gave birth to four Haudecoeur children:

Marie born on July 2, 1685.
Pierre Louis born on September 13, 1686.
Noël born on May 2, 1688.
Marie Jeanne born on August 25, 1689.

One May 13, 1688, René Deniau was hired to go West on a journey to the “8ta8ats” (Ottawas). René and three brothers travelled westward to the “The Pays-d’en Haut” (Upper countries) between 1685 and 1694. One has to believe that the business of trade for the “engagés” (hired men) and the “voyageurs” (travelers) was lucrative.

A Montréal trader by the name of François Poignet (Beauregard) was murdered in his house on January 23, 1690. His funeral was on January 26, 1690. The accused murderer was Jean Haudecoeur. He was condemned to death by the Sovereign Council for the murder. Some assert that he was executed between May 27, 1690 and April 9, 1691 in Québec. Haudecoeur requested an appeal of the judgment and on May 27, 1690, the Sovereign Council modified its judgment:

“It has been retained that the said HautdeCoeur will only be strangled before receiving any blows. And that after having remained twenty four hours on the wheel he will be secretly buried”.

The judgment was rendered in Québec, because there was no executioner in Montréal. In reference to his death, I found the following in: “Jugements et délibérations (Judgments and deliberations): May 27, 1690″ .

In the year 16 ninety of the said day, the 27th day of May, one warrant as above has been pronounced to the said Haudecoeur by me chief Notary to the undersigned Sovereign Council in the prisons of this city where I deliberately transported myself with Monsieur de Villeray, his Reporter And after the sacrament of confession was administered to the said Haudecoeur by father Vaillant priest of the Company of Jesus (Jesuit) this Haudecoeur around seven o’clock in the afternoon was placed in the hands of Jean Rattier, executor of High Justice who brought him to the market place of the lower city of Québec and executed the said warrant, according to the form and – in the presence of monsieur the Reporter and Monsieur the Attorney

Thus, Haudecoeur was executed on May 27th, 1690.

Jean Haudecoeur’s property was put up for auction and bought by Pierre Sauchet. Therefore, Madeleine and her children had to leave. It is difficult to know what happened to Madeleine and her children after this crime and the punishment of Haudecoeur, during the period of her widowhood.

However, we know that it is in Boucherville that Madeleine married René Deniau, on October 27th, 1692.

Two children born in Boucherville add to her family.

Nicolas Deniau was born on September 14, 1693. He died nine months later in Boucherville.
Ursule Deniau was born on December 14, 1694 in Boucherville.

Catastrophe strikes this clan again. On August 12, 1695, the parents of René, Jean Deniau and Hélène Daudin are murdered by the Iroquois. The register of the parish indicates the following : ” died without having been able to receive any sacraments having been killed by the Iroquois, our enemies, Jean Deniau and Hélène Daudin his wife, inhabitants of the Tramblot (Seigneury of Tremblay)

Is this the reason why the family moved? Because Jean-Baptiste Deniau was born on June 24, 1697, in Montréal. It would seem as well, that Madeleine’s mother also decided to live in Montréal, because Marguerite Doucinet dies there, on September 15, 1698.

However, for this family, bad luck becomes even worse.

On July 15, 1699 in Lachine, Madeleine gives birth to a dead child and afterwards, she also dies. She had just celebrated her 34 th birthday. Her Haudecoeur children are young: Marie is 14, Pierre Louis is 12, Noël is 11, Marie Jeanne is 10 and as for the Deniau children: Ursule is 4 and my ancestor Jean-Baptiste is 2.

While verifying the death certificate, I discovered a reality of that time period that would be out of the ordinary today and I share a transcription and translation of the document:

Lachine register: July 15, 1799: document 1

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Transcription and translation

The woman Matou dit Labrie

On this day the fifteenth of July sixteen hundred ninety nine was buried in the cemetery of this church the body of deceased madelenne labrie [above the line: matou] who died in the night of the said day of “mal d’enfant” (childbirth). Her child born dead (stillbirth) was baptized on the hand that was presented (as it showed itself) and because of the corruption (decay) of the body, the mother placed it outdoors before she died (it, the body) was placed by my order in the ground at the foot of a root (of a tree) in front of the house for as long as it would take for it to decay and be consumed and so that we could place its bones with the body of its mother. this burial was made in the presence of sieurs Pottier and Cuillerier who signed with me and several other persons.

Father Rémy tended to include all kinds of details in the registers and that is why we know so much. Reading his entries at Lachine is more than interesting because of the high amount of information shared.

However, I did not understand completely what had occurred. Madame Suzanne Boivin-Sommerville* shared other documents in reference to the death of Madeleine and her child. The priests were responsible for completing two registers, a civil one and a religious one. Often, both documents gave different accounts and additional information.

The following document gives us more ample information:

Lachine register: July 15, 1799: documents 2a-b

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Transcription and translation

Magdeleine MatouToday the fifteenth of July sixteen ninety nine was buried in the cemetery of this church the body of deceased Magdelenne [above the line: Matou dit] laBrie who died in the night of the said day from childbirth, her stillborn baby was baptized on the hand that was visible by a midwife (sage femme), and by my order the body of this decaying baby that could not be carried to the cemetery because of the too great odor that it exhaled was placed and buried at the foot of a tree root in front of the house where the deceased woman died until the flesh would dissolve and decay and that we could transport the bones and bury them in the tomb of its mother. this burial was done in the presence of “Messieur” (Mister) Jean Baptiste Pottier Royal notary of Montreal of Sieur Jean Cuillierier merchant who signed, by the husband and relatives and friends who declared they did not know how to sign when asked.

To this, two other documents were also included: the first being the civil version, without signatures and the second the religious version. Strangely, the bones of the baby were only interred in 1703. The information was written and included with information concerning the death of a child from another family Marie Joseph Brau.

Lachine register : January 5, 1703: document 3

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Transcription and translation

On the said day and year as above (5 January 1703) was buried in the cemetery of this church the body of Marie Joseph Brau nineteen months old who died from “la picotte” (smallpox) the third day of the said month and year; in the same grave were placed the bones of the stillborn child of deceased magdelenne laBrie who then died on the 14th July 1699 and was buried the next day this baby having been “ondoyé” (given emergency baptism) on the hand by the “sage femme” (midwife) and having decayed within the body of its mother, I had it deposited in the earth at the foot of a root and to let the flesh rot , from which I had (someone) remove the bones and had them placed in the grave these burialswere made in the presence of the sieurs Cuillierier and Daoust.

Lachine register January 5 1703 document 4

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Transcription and translation

Marie Josepht Brault
This said day and year as above (5 January 1703) was buried in the cemetery of this church the body of Marie Joseph Brau nineteen months old who died of la picotte (smallpox) the third day of the said month and year and in the same grave were placed the bones of the baby stillborn of René Deniau and of deceased magdelenne la Brie his wife who died thereafter on the 14th July 1699 and was “ondoyé” (given emergency baptism) by Barbe duchesne sage femme (midwife) on the hand that emerged and being “corrompu” (decayed) was placed in earth at the base of a root to allow it (the body) to rot from which I pastor had the bones lifted by the “bedeau” (sexton) the 2nd of the said month above that we have had removed and placed in the said tomb this burial was made in the presence of sieurs cullierier and Daoust who signed.
[signed] Rene Cuiller Dutost Remy pastor

In reconstructing the facts from all the documents the following becomes evident: on July 15, 1799, Madeleine Mathon (Matou) dit Labrie is buried in the cemetery of Lachine. She died the previous night, July 14, 1699 giving birth to a dead child. The child’s father is René Deniau. It is very likely that she suffered a lot because the child’s body is distorted, putrified and corrupted, so the fetus had died and had decomposed in the mother’s womb for some time. The child was baptized by the midwife Barbe Duschene on one hand (not on the head) evidence of the degradation of the corpse. The remains of the child were buried according to the order of the priest, at the foot of a stump, in front of the house because of the too great stench. The interment was made in the presence of Jean Baptiste Portier, a notary royal of Montréal and Jean Cuillerier, merchant, and of the husband, relatives and friends.

On January 5, 1703, the bones of the stillborn child were dug up by the sextant on January 2, 1703 in the presence of Cuillerier and Daoust and were placed in the grave of Marie Joseph Brau.

The name of the midwife appears only on the civil record. With regards to burying the bones. It is very hot on July 15th. At that time, there were also fevers that caused death. Moreover, there is a tradition in the Catholic Church to allow the mortal remains to rot and bury only the bones at a later date. It was also a practice among the Amerindians.

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The description of the death of the child and of the mother could be described as very morbid, however, the reality at that time was that life was challenging and very different from today in terms of the birth of children and the death of young mothers. It could also be added that the mechanisms of protection for death and life are distinct today. The fertility of mothers, the birth of babies and their survival was one among many of the greatest contributions made by women to our history and society! Several young women suffered and gave their lives! Our history should recognize the mothers of our past who have died giving birth.

Following the death of his wife René Deniau was parent to several children. Around 1705, we find René Deniau in Détroit, in the “Pays d’en Haut”. He married a Native American by the name of Anastasia, an Illinois woman. They are the parents of a girl named Rose, who was born around 1705. He died in Detroit on July 13, 1730.

The shame of seeing their name associated with that of a murderer was probably the cause for which the Haudecoeur children hid their name and adopted the Deniau name in their marriage contracts and other documents. Also, several descendants of René Deniau and Marie Madeleine Mathon (Matou) dit Labrie bear the name of Daigneault.

The son of Madeleine and René, our ancestor Jean-Baptiste Deniau (Daignault) married our ancestor Marie Primeau, daughter of François Primeau and Marie-Madeleine Deneau, on November 27, 1704. In a second marriage, he married Catherine Ruffiange dit Laviolette, widow of Simon Couillard, in Chateauguay.

The line of ancestors:

Marie Madeleine Mathon (1665 – 1699)
Jean Baptiste Deniau (1697 – 1748)
Marie-Françoise Deniau (1729 – 1790)
Appoline Daragon (1758 – 1812)
Jacques 2 Blain (1787 – 1848)
Antoine Blain (1817 – 1876)
Marguerite Blain (1857 – 1925)
Alexandre (son) Bérubé (1882 – 1969)
Eugène Bérubé (1926 – 1992)
Robert Bérubé

*A special thank you to Madame Suzanne Boivin-Sommerville of Michigan USA, who helped me understand and interpret certain transcriptions and she also shared additional documents that are included in the above text. Madame Suzanne Boivin-Sommerville and Madame Diane Sheppard and their colleagues from the “French Canadian Heritage Society of Michigan” are doing exceptional research when it comes to the “Pays-d’en-Haut”  and also regarding our ancestors from la Nouvelle-France. You can find extensive research at their site at: https://www.facebook.com/groups/109717099063919/

Next week: 1653: The Great Recruitment Montréal!

 

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5 thoughts on “1699: Elle a donné sa vie… Marie Madeleine Mathon (Matou) dit Labrie : She gave her life…

  1. Merci, mon futur gendre S. Daigneault est descendant de Pierre Louis, fils de Jean Haudecoeur et Madeleine Mathon. Son histoire est fascinante car il est aussi descendant du patriote Charles Sanguinet Co seigneur de LaSalle et de LaPrairie pendu pour haute trahison en 1839 par son arrière arrière arrière grand mere, Armeline Sanguinet mariée a Antoine Daigneault qui a travaillé vers 1880 aux Tanneries de St-Henri, bien enraciné dans l’histoire de Montréal.
    Une généalogie difficile a faire avec des exils et mariages aux Etats-Unis.
    merci de partager votre recherche

    Liked by 1 person

  2. Bonjour!
    Merci pour cette fascinante page d’histoire! Je l’ai d’ailleurs partagé sur ma page Facebook 🙂

    J’effectue présentement pas mal de recherche en histoire de la maternité et, de ce que j’en comprend jusqu’ici, quand ils disent ”baptisé sur la main” c’est parfois parce que c’est ce qui s’est présenté en premier ”dehors”. Comme la sage-femme fait l’ondoiement avant même la naissance, elle le fait sur la partie du corps qu’elle peut atteindre… Donc un cas de siège, la sage-femme aurait pu ondoyer sur un pied par exemple, puisque c’est ce qui serait ”sortie en premier”. C’est peut-être pas le cas ici toutefois… C’est difficile de savoir, mais j’avais envie de partager ma réflexion.

    Au plaisir!

    Liked by 1 person

  3. Merci beaucoup pour cette histoire ! Je m’interroge toujours pour quelle raison Jan Denyau, en compagnie d’un voisin (cousin?) Picard semble-t-il ait quitté leurs terres natales ? J’ai le souvenir d’avoir lu quelque part que Jan Denyau serait rentré une première fois en France puis reparti avec la grande Recrue. Protestant ? Mais ses parents se sont bien mariés à l’église…

    Je vous joins l’ascendance de Jan Denyau qui rencontre à un moment donné ma propre ascendance (Jacques Denyau sosa 4296).

    Merci !

    Philippe Guillet – Nantes

    Sosa N° Nom Date naiss. Lieu naiss. Conjoint Date union Lieu union Date décès Lieu décès Âge décès
    Génération 1
    Jan DENYAU ° ~ 1625 Geneston Hélène DODIN x 21/1/1664 Montréal † 12/8/1695 Boucherville ~ 70
    Génération 2
    Pierre DENYAU ° J ~ 1575 Geneston Jamette GAUDET x 13/2/1602 Montbert † 26/3/1628 Geneston ~ 53
    Jamette GAUDET ° J ~ 1580 Montbert Pierre DENYAU x 13/2/1602 Montbert † 14/3/1647 Geneston ~ 67
    Génération 3
    4296++ Jacques DENYAU ° J ~ 1550 Geneston Catherine JOUNIN x < 1585 Geneston † 2/1/1591 & 15/1/1591 Montbert 40 & 41
    Catherine JOUNIN ° J ~ 1565 La Chevrolière Jacques DENYAU x 1536 Geneston >= 41
    17185++ Marie JAUMOILLÉ ° J 1495 Jacques DENIAULX x J ~ 1510 Geneston † J > 1536 Geneston >= 41

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